Denis Ginestet, résistant déporté, libéré le 29 avril 1945
Denis Ginestet, résistant déporté, libéré le 29 avril 1945

Le 14 juillet 1942, place du Pin, Denis Ginestet entonne « La Marseillaise » avec quelques amis. Cet acte de résistance lui vaut d'être suspendu le 20 juillet par arrêté préfectoral du gouvernement de Vichy de son poste de receveur de l'octroi de la Passerelle. Déporté à Neue-Bremme, Nuremberg, Buchenwald, Allach, Dachau… Dans un courrier signé par le préfet régional de Toulouse, outre celui de Ginestet, apparaissent les noms de Duprat, Bertin et Bracard. Il est demandé qu'une mesure d'assignation à résidence leur soit prononcée. La machine infernale est en marche.

Un résistant de la première heure

L'histoire de Denis Ginestet n'est pas banale, d'autant que sa famille l'a vraiment découverte à la mort de son fils, Max, début 2015. Elle apprend que Denis a été un résistant de la première heure, et dès 1941 l'un des dirigeants de l'Union départementale clandestine. En 1942, il participe à la création en Lot-et-Garonne du MUR (Mouvements unis de la Résistance), et devient membre du comité directeur et chef départemental de la propagande.

Le 12 octobre 1943, arrêté par la Gestapo à son domicile de La Capelette, à Agen, il est torturé par son chef, Henri Hannack. Dans un document officiel, signé du commissaire de police, Louis Maillan, adressé au ministère de l'Intérieur, en date du 25 mai 1945, il raconte cette séance de torture où il côtoie la mort de près. Avant sa déportation en Allemagne et d'autres séances de torture, il est emprisonné à Fresnes dès le 23 octobre 1943.

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Libération et hommage

Le 29 avril 1945, Denis Ginestet est libéré par les troupes américaines d'un camp de concentration après avoir successivement fréquenté, à partir du 23 février 1944, ceux de Neue-Bremme, Nuremberg, Buchenwald, Allach, Dachau… Le 24 avril 2015, soit soixante-dix ans plus tard, un hommage lui était rendu via la pose d'une plaque commémorative érigée sur la Passerelle, au droit de l'emplacement de l'ancien octroi, côté Agen, après les accords obtenus par les municipalités agenaise et passageoise, et ce en présence de Jacques Godfrain, président de la Fondation Charles-de-Gaulle, et d'une trentaine de porte-drapeaux.

Des documents et des témoignages, sa petite-nièce, la journaliste Hélène Erlingsen, entourée de la famille Ginestet, en a compilé plusieurs dizaines. Ils ont été reliés et imprimés en six exemplaires accompagnés d'un DVD, où l'on apprend, par ailleurs, que Denis Ginestet a été à la base du syndicat Force ouvrière en Lot-et-Garonne.

Biographie

Né le 9 octobre 1902 à Gramond (Aveyron), Denis Ginestet est décédé dans un accident de la route en 1954. Libéré des camps le 29 avril 1945, il a retrouvé Agen le 19 mai 1945, en ayant perdu 40 kilos. Plus tard, il a repris son travail à l'octroi. Les documents reliés ont été adressés aux Archives départementales d'Agen, Archives municipales, espace mémoriel de la Résistance d'Agen, Archives des victimes des conflits contemporains à Caen, Fondation Charles-de-Gaulle, médiathèques d'Agen et du Passage-d'Agen.

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