Dans un article publié le 3 juillet 2025, Le Point s'interroge sur le traitement médiatique réservé à trois écrivains : Kamel Daoud, Christophe Gleizes et Boualem Sansal. Le magazine pointe une différence de traitement qui interroge sur l'équité de la couverture médiatique en France.
Des affaires distinctes, un même constat
Kamel Daoud, écrivain franco-algérien, a été visé par une plainte déposée en France pour des propos jugés provocateurs. Christophe Gleizes, journaliste et écrivain, a été condamné pour diffamation envers une personne publique. Boualem Sansal, écrivain algérien, est détenu en Algérie depuis novembre 2024, accusé d'atteinte à l'unité nationale.
Le Point relève que ces trois affaires, bien que différentes, ont en commun d'impliquer des écrivains et des débats sur la liberté d'expression. Cependant, la couverture médiatique a été très inégale : Daoud et Gleizes ont bénéficié d'une large attention, tandis que Sansal a été relativement ignoré, du moins jusqu'à récemment.
Le poids des contextes politiques
Le magazine souligne que le contexte politique joue un rôle crucial. Kamel Daoud, prix Goncourt 2024, est une figure médiatique en France, ce qui explique en partie l'intérêt porté à son affaire. Christophe Gleizes, connu pour ses critiques du pouvoir, a également suscité des réactions. En revanche, Boualem Sansal, critique du régime algérien, est moins connu du grand public français, et son arrestation n'a pas déclenché la même mobilisation.
Le Point cite des sources proches du dossier pour rappeler que la liberté d'expression est un principe fondamental, mais que son application médiatique semble parfois sélective. Un éditorialiste du magazine, sous couvert d'anonymat, déclare : « On défend Daoud parce qu'il est des nôtres, on oublie Sansal parce qu'il est ailleurs. »
Un débat nécessaire sur l'équité
Cette disparité soulève des questions sur l'objectivité des médias et leur rôle dans la défense des droits humains. Le Point appelle à une réflexion sur les critères qui guident la couverture des affaires impliquant des écrivains et des intellectuels.
L'article met en avant que Boualem Sansal, âgé de 76 ans, est incarcéré dans des conditions préoccupantes, selon des organisations de défense des droits de l'homme. Sa santé se dégrade, et plusieurs voix s'élèvent pour demander sa libération, mais sans grand écho médiatique.
Des précédents historiques
Le magazine rappelle des précédents où des écrivains ont été soutenus par la communauté internationale, comme Salman Rushdie ou Milan Kundera, mais note que ce soutien dépend souvent de la notoriété et des réseaux. Pour Sansal, l'absence de mobilisation est d'autant plus frappante que son cas est documenté par des ONG.
En conclusion, Le Point invite à une prise de conscience : la défense de la liberté d'expression ne devrait pas être sélective. L'article appelle à une couverture plus équitable des affaires, quelle que soit la notoriété des personnes concernées.



