Le blocage du détroit d'Ormuz par l'Iran a certes freiné l'économie mondiale, mais une crise à Taïwan serait bien plus dévastatrice, avertit Eyck Freymann dans son ouvrage Defending Taiwan (Oxford University Press). Ce chercheur du Hoover Institution, rattaché à l'université Stanford, analyse les ambitions de la Chine de Xi Jinping, qui vise une « réunification » entre l'île et la Chine continentale.
Une menace multiple : quarantaine, blocus ou invasion
Face à la menace d'une quarantaine, d'un blocus, voire d'une invasion militaire, Eyck Freymann présente une stratégie claire pour dissuader efficacement Xi Jinping. Il rappelle que le président chinois a plus à perdre qu'à gagner dans un conflit qui pourrait avoir des conséquences désastreuses pour la planète.
L'ouvrage, salué par la presse anglophone, met en lumière les risques économiques colossaux : Taïwan est un acteur clé dans la production de semi-conducteurs, et une perturbation de ses exportations paralyserait l'industrie technologique mondiale.
Des conséquences économiques mondiales
Selon Freymann, un blocus de Taïwan aurait un impact bien supérieur à celui du détroit d'Ormuz, où transite environ 20 % du pétrole mondial. Taïwan, elle, concentre plus de 60 % de la production mondiale de puces électroniques avancées. Une interruption de ces flux entraînerait une récession globale.
Le chercheur souligne également que la Chine dépend fortement du commerce maritime via le détroit de Taïwan. Un conflit perturberait ses propres chaînes d'approvisionnement, affaiblissant son économie déjà fragilisée.
Une stratégie de dissuasion crédible
Eyck Freymann préconise une approche multidimensionnelle : renforcement des capacités de défense de Taïwan, sanctions économiques ciblées contre la Chine, et coordination avec les alliés régionaux comme le Japon et l'Australie. Il insiste sur la nécessité de montrer à Pékin que toute action militaire entraînerait des pertes insoutenables.
« La clé est de convaincre Xi Jinping que le coût d'une invasion dépasse de loin les bénéfices », écrit Freymann. « Une guerre à Taïwan serait un désastre pour l'économie mondiale et pour la Chine elle-même. »



