Colombie : victoire de l'extrême droite à la présidentielle
Colombie : l'extrême droite remporte la présidentielle

La Colombie a basculé à l'extrême droite dimanche 22 juin 2026 avec la victoire d'Abelardo de la Espriella à l'élection présidentielle. Le candidat du parti Espérance nationale a recueilli 52,5 % des suffrages exprimés, devançant largement son adversaire de gauche, la sénatrice indienne Feliciana Valencia, qui obtient 47,5 %. Ce scrutin a été marqué par une participation record de 68 %, un niveau jamais atteint depuis l'adoption de la Constitution de 1991.

Une campagne sous tension sécuritaire

La campagne électorale s'est déroulée dans un climat de violence politique intense. Selon le ministère de l'Intérieur colombien, au moins 37 candidats locaux ont été assassinés au cours des six derniers mois, principalement dans les zones rurales contrôlées par des groupes armés. Abelardo de la Espriella, 58 ans, ancien avocat et sénateur, a axé sa campagne sur la promesse de rétablir l'ordre et la sécurité, en proposant un renforcement des pouvoirs de l'armée et une lutte sans merci contre les groupes narcoterroristes.

Feliciana Valencia, 42 ans, militante des droits des peuples autochtones, avait rassemblé un large front de gauche, incluant des mouvements écologistes et féministes. Elle promettait une réforme agraire et une redistribution des richesses issues de l'exploitation minière et pétrolière. Sa défaite, bien que serrée, marque un coup d'arrêt pour la gauche colombienne, qui espérait capitaliser sur le mécontentement social.

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Les causes du basculement à droite

Plusieurs facteurs expliquent cette victoire de l'extrême droite. D'abord, la lassitude face à l'insécurité : selon une enquête de l'institut Gallup publiée en mai 2026, 72 % des Colombiens considéraient l'insécurité comme le principal problème du pays. Ensuite, la promesse de De la Espriella de rétablir la peine de mort pour les crimes les plus graves a séduit une partie de l'électorat populaire. Enfin, le candidat a bénéficié du soutien discret mais efficace de certains secteurs économiques, notamment les grands propriétaires terriens et les entreprises du secteur minier.

La participation record de 68 % témoigne également d'une mobilisation exceptionnelle. Dans les zones rurales, où la présence de l'État est faible, le taux de participation a atteint 72 %, un chiffre inédit. Les observateurs de l'Organisation des États américains (OEA) ont salué le déroulement du scrutin, malgré quelques incidents isolés dans les régions du Cauca et du Chocó.

Réactions internationales et perspectives

La communauté internationale a réagi avec prudence. Les États-Unis, par la voix de leur ambassadeur à Bogota, ont félicité le nouveau président tout en rappelant l'importance du respect des droits humains. L'Union européenne a exprimé son inquiétude face à la montée de l'extrême droite dans la région, mais a promis de maintenir le dialogue. En revanche, les gouvernements de gauche du Mexique et du Brésil ont dénoncé une « régression démocratique ».

Abelardo de la Esprilla prendra ses fonctions le 7 août 2026 pour un mandat de quatre ans. Il a déjà annoncé son intention de renégocier l'accord de paix de 2016 avec les FARC, qu'il juge trop laxiste. Il prévoit également de durcir la législation sur les drogues et de réduire les impôts pour les entreprises. Son premier test sera la gestion des manifestations attendues de la part des syndicats et des mouvements indigènes, qui promettent une résistance pacifique. La Colombie, après des décennies de conflit armé et de tentatives de paix, s'engage dans une nouvelle ère politique, dont les conséquences restent à mesurer.

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