Le 24 août 2026, Abelardo de la Espriella, avocat de 58 ans, a été élu président de la Colombie, marquant un tournant politique majeur. Il succède à Gustavo Petro, premier président de gauche du pays, et incarne une droite dure qui promet de rétablir l'ordre et de combattre la guérilla.
Une victoire électorale sans appel
Abelardo de la Espriella a remporté le second tour de l'élection présidentielle avec 58 % des voix, contre 42 % pour son adversaire de gauche, Clara López Obregón. Cette victoire, obtenue dès le premier tour pour certains observateurs, a été confirmée par le Conseil national électoral. Le taux de participation s'est élevé à 62 %, en légère baisse par rapport au scrutin de 2022.
L'avocat, connu pour ses positions fermes sur la sécurité, a fait campagne sur un programme de lutte contre la criminalité et de soutien à l'armée. Il a également promis de renégocier les accords de paix avec les FARC, signés en 2016, qu'il juge trop cléments envers les anciens guérilleros.
Un contexte de crise sécuritaire et économique
La Colombie traverse une période difficile, marquée par une augmentation de la violence dans les zones rurales et une inflation galopante. Le taux d'homicides a atteint 28 pour 100 000 habitants en 2025, un niveau record depuis une décennie. L'économie, elle, a connu une croissance de seulement 1,2 % l'an dernier, et le chômage touche 11 % de la population active.
Dans ce contexte, le discours d'Abelardo de la Espriella a trouvé un écho favorable auprès d'une partie de l'électorat, notamment dans les grandes villes et les régions touchées par le narcotrafic. Il a promis de déployer davantage de forces militaires dans les zones critiques et de durcir les peines contre les trafiquants.
Des réactions contrastées dans le pays et à l'étranger
La victoire d'Abelardo de la Espriella a été saluée par les milieux conservateurs, mais a suscité l'inquiétude des défenseurs des droits humains. Gustavo Petro, dans un message publié sur les réseaux sociaux, a appelé à une transition pacifique et a rappelé l'importance de préserver les avancées sociales de son mandat.
À l'international, les États-Unis ont exprimé leur volonté de coopérer avec le nouveau gouvernement, tandis que plusieurs pays d'Amérique latine, comme le Mexique et le Chili, ont fait part de leurs réserves. L'Union européenne, par la voix de son chef de la diplomatie, a souligné la nécessité de maintenir le dialogue avec la Colombie.
Les défis du nouveau président
Abelardo de la Espriella devra faire face à plusieurs défis majeurs dès son entrée en fonction, prévue le 7 août 2026. Il devra notamment nommer un gouvernement, définir sa politique économique et répondre aux attentes de ses électeurs en matière de sécurité. Il a déjà annoncé son intention de réformer la justice et de créer un ministère de la Sécurité intérieure.
Sa promesse de renégocier les accords de paix avec les FARC pourrait toutefois se heurter à l'opposition de la communauté internationale et de certains secteurs de la société colombienne. La mise en œuvre de son programme sera observée de près, tant sur le plan national qu'international.



