Le candidat de gauche Iván Cepeda a été défait à l'élection présidentielle colombienne du 20 juin 2026, face au candidat d'ultradroite Abelardo de la Espriella. Ce dernier a remporté le scrutin avec 52,3 % des voix, contre 47,7 % pour son adversaire, selon les résultats officiels publiés par le Conseil national électoral. Dans un discours prononcé dans la nuit du 20 au 21 juin, M. de la Espriella a lancé un appel au calme après des violences qui ont éclaté dans plusieurs villes du pays.
Des violences post-électorales
Dès l'annonce des résultats, des affrontements ont opposé des partisans de M. Cepeda aux forces de l'ordre à Bogotá, Cali et Medellín. Selon le ministère de la Défense, au moins trois personnes ont été tuées et une cinquantaine blessées. La police a déployé des gaz lacrymogènes pour disperser les manifestants, tandis que des barricades ont été érigées dans certains quartiers populaires. M. de la Espriella a condamné ces violences et a exhorté ses partisans à ne pas répondre aux provocations.
Un appel à l'unité nationale
« Ce n'est pas le moment de la division, mais de l'unité nationale », a déclaré Abelardo de la Espriella dans son allocution. Il a promis de gouverner pour « tous les Colombiens » et a tendu la main à ses opposants. Iván Cepeda, de son côté, a reconnu sa défaite et a appelé ses partisans à « rester dans la paix ». Il a toutefois dénoncé des « irrégularités » dans le scrutin, sans fournir de preuves. La mission d'observation électorale de l'Organisation des États américains (OEA) a jugé le scrutin « transparent ».
Un contexte de polarisation extrême
Cette élection s'est déroulée dans un climat de forte polarisation politique. Abelardo de la Espriella, ancien militaire et sénateur, a mené une campagne axée sur la sécurité et la lutte contre la criminalité. Il a promis de rétablir l'ordre dans les zones rurales contrôlées par des groupes armés. Iván Cepeda, défenseur des droits de l'homme et fils d'une figure de la gauche, avait promis des réformes sociales et la mise en œuvre complète de l'accord de paix de 2016 avec les FARC.
Les défis du nouveau président
À 58 ans, Abelardo de la Espriella devra faire face à des défis immédiats : l'économie colombienne est en récession avec une inflation à 12,5 %, et la violence dans les campagnes reste préoccupante. Il a annoncé qu'il nommerait un gouvernement d'« unité nationale » et qu'il rencontrerait les dirigeants des pays voisins. Sa victoire marque un tournant pour la Colombie, qui avait élu un président de gauche en 2022.



