Au moins 15 personnes ont été tuées et plusieurs autres blessées dans deux attaques armées distinctes en Colombie, le samedi 9 août, au lendemain de l'investiture du nouveau président. Ces violences, qui ont frappé les régions de Valle del Cauca et de Norte de Santander, ont immédiatement suscité une vive inquiétude quant à la capacité du nouveau gouvernement à rétablir la sécurité dans le pays.
Une attaque dans une discothèque et une autre contre un convoi militaire
La première attaque a eu lieu dans une discothèque de la ville de Jamundí, dans le département de Valle del Cauca, où des hommes armés ont ouvert le feu sur les clients, tuant huit personnes et blessant une dizaine d'autres. Selon les autorités locales, les assaillants sont arrivés à bord de deux motos et ont tiré sans discernement avant de prendre la fuite. La police a indiqué que cette attaque pourrait être liée à un conflit entre groupes criminels pour le contrôle du trafic de drogue dans la région.
La deuxième attaque s'est produite dans le département de Norte de Santander, à la frontière avec le Venezuela, où un convoi militaire a été pris pour cible par des explosifs et des tirs. Sept soldats ont été tués et plusieurs autres blessés, selon le ministère de la Défense. L'attaque a été revendiquée par l'Armée de libération nationale (ELN), la dernière guérilla encore active dans le pays, qui a affirmé avoir agi en représailles à des opérations militaires menées contre elle.
Un nouveau président confronté à un défi sécuritaire majeur
Ces attaques surviennent alors que le nouveau président, Gustavo Petro, fraîchement investi, a promis de négocier la paix avec les groupes armés et de mettre en œuvre une politique de « paix totale ». Toutefois, ces violences montrent l'ampleur des défis auxquels il est confronté. Selon l'Institut d'études pour le développement et la paix (Indepaz), plus de 90 massacres ont été perpétrés en Colombie au cours des deux dernières années, et les groupes armés contrôlent toujours d'importantes zones rurales.
Le président Petro a condamné ces attaques dans un message sur les réseaux sociaux, les qualifiant d'« actes de terrorisme » et promettant que « rien ne restera impuni ». Il a également annoncé une réunion d'urgence du conseil de sécurité national pour évaluer la situation et renforcer les mesures de protection dans les zones les plus vulnérables.
Des réactions internationales et un appel à l'unité
La communauté internationale a rapidement réagi. L'Organisation des Nations unies (ONU) a exprimé ses condoléances aux familles des victimes et appelé à la retenue. Les États-Unis, par la voix de leur ambassadeur à Bogota, ont offert leur soutien au gouvernement colombien dans sa lutte contre les groupes armés.
Sur le plan national, l'opposition politique a également condamné ces attaques, mais certains partis ont critiqué la stratégie de « paix totale » du président, la jugeant trop conciliante envers des groupes qui continuent de semer la violence. Une marche de solidarité avec les victimes est prévue dimanche à Bogota, à l'appel de plusieurs organisations de la société civile.
Ces événements rappellent que la Colombie, malgré les progrès accomplis depuis l'accord de paix de 2016 avec les FARC, reste marquée par une violence endémique. La nouvelle administration devra agir rapidement pour rassurer la population et restaurer l'ordre, tout en poursuivant les négociations de paix. Le chemin s'annonce semé d'embûches.



