Alors que le mercure frôle les 40 degrés en surface, la Grotte de Labeil, nichée à 700 mètres d'altitude dans l'Hérault, offre une température constante de 12 degrés, été comme hiver. Ce site vieux de 8 200 ans, qui mêle histoire préhistorique et patrimoine naturel, attire les visiteurs en quête de fraîcheur, mais aussi les curieux de ses richesses archéologiques.
Un refuge naturel contre la canicule
Le contraste est saisissant : sous un soleil de plomb, franchir la porte de la grotte plonge dans une atmosphère fraîche et humide, bien loin des températures étouffantes de l'été. Cette cavité, qui ne dépasse jamais 12 degrés, constitue une parenthèse appréciée des visiteurs. Mais ce havre de fraîcheur est aussi un témoin précieux de l'histoire humaine, comme le rappellent les découvertes faites sur place.
Dès les premières explorations, des ossements humains et des céramiques préhistoriques ont été retrouvés dans la galerie et la rivière souterraine. Un guide du Club Alpin Français évoque l'hypothèse qu'un aven (cavité verticale naturelle) situé sur le plateau aurait pu transporter ces vestiges jusqu'au fond de la grotte, même si cet aven n'a jamais été localisé. Aujourd'hui encore, des visiteurs rapportent des os ou des fragments de céramique après les crues, comme le témoigne Gilles Sagnes, le gérant du site.
Des traces de crémations anciennes
En 1994, en creusant les tunnels, Gilles Sagnes a remarqué des marques noires dans la calcite. Longtemps attribuées à une oxydation de carbonate de manganèse, ces traces pourraient en réalité être des cendres de crémations. Pour le vérifier, il a fait appel à un laboratoire pour des prélèvements. Cette hypothèse est d'autant plus crédible que la grotte a servi de sanctuaire funéraire au fil des siècles, avec des crémations datant de l'âge du bronze, des dépôts d'urnes cinéraires, puis des passages des Gaulois, des Romains et des Wisigoths.
Le site, aujourd'hui aménagé avec un parcours scénographié, permet aux visiteurs de comprendre la chronologie des occupations humaines. Gilles Sagnes, passionné, a investi temps et énergie dans cet aménagement, et de nouveaux travaux sont prévus pour améliorer l'observation de certaines galeries.
Un rôle clé dans l'affinage du roquefort
Cette température constante a également été mise à profit pour l'affinage du roquefort. Dès le néolithique, la sédentarisation et la domestication des animaux ont conduit à la production de lait et de fromage. Les Romains mentionnaient déjà des fromages affinés dans les grottes du plateau, comme le souligne Gilles Sagnes. Avec leurs 12 degrés et une hydrométrie favorable, environ 80 cavités du secteur ont servi de caves d'affinage pour le roquefort.
Des secrets encore à découvrir
Ouverte au public du 15 mars au 1er novembre, la grotte de Labeil continue de livrer ses secrets. Plus de 2 kilomètres de galeries ont été topographiés, mais certaines parties restent inexplorées. Gilles Sagnes se dit sur le point de trouver la suite de la grotte, et compte y travailler sérieusement. Pour les visites quotidiennes, plus d'informations sont disponibles sur lodevoisetlarzac.fr ou au 07 72 17 01 56.



