L'ambassadeur des États-Unis en Israël, Jack Lew, a qualifié mercredi 13 août de « acte de terreur » le siège de maisons palestiniennes par des colons israéliens dans le village de Jit, en Cisjordanie. C'est la première fois qu'un haut responsable américain utilise ce terme pour décrire des violences de colons, selon des sources diplomatiques.
Une attaque d'une rare violence
Les faits se sont déroulés dans la nuit de mardi à mercredi. Des dizaines de colons israéliens, certains masqués, ont encerclé plusieurs habitations palestiniennes, tirant des coups de feu et lançant des pierres. Les habitants, pris au piège, ont dû attendre l'arrivée de l'armée israélienne pour être évacués. Un Palestinien de 21 ans a été tué, et deux autres ont été blessés, selon le ministère de la Santé palestinien.
L'ambassadeur Lew a réagi sur le réseau social X, écrivant : « Je condamne fermement cette attaque terroriste perpétrée par des colons israéliens contre des civils palestiniens. » Il a également appelé le gouvernement israélien à « tenir les responsables pour compte » et à « protéger tous les civils ».
Une réaction sans précédent
Cette déclaration marque une rupture dans le langage diplomatique américain. Jusqu'ici, les violences de colons étaient généralement décrites comme des « incidents » ou des « actes de violence ». Le terme « terrorisme » est habituellement réservé aux groupes comme le Hamas ou le Jihad islamique.
Le porte-parole du département d'État, Matthew Miller, a confirmé que l'ambassadeur s'exprimait au nom de l'administration Biden. Il a précisé que Washington considérait ces actes comme « inacceptables » et qu'une « réponse claire » était attendue d'Israël.
Des tensions croissantes
L'incident survient dans un contexte de montée des violences en Cisjordanie. Selon l'ONU, les attaques de colons contre des Palestiniens ont augmenté de 40 % au premier semestre 2026 par rapport à la même période l'an dernier. Les groupes de défense des droits humains dénoncent l'impunité dont bénéficient les auteurs, rarement poursuivis par la justice israélienne.
Le gouvernement israélien n'a pas encore réagi officiellement. Mais des responsables israéliens, sous couvert d'anonymat, ont exprimé leur mécontentement face à cette qualification, estimant qu'elle pourrait « enflammer les esprits ».
Cette prise de position américaine pourrait avoir des répercussions diplomatiques, alors que les États-Unis cherchent à relancer un processus de paix moribond. L'administration Biden a déjà imposé des sanctions ciblées contre des colons extrémistes en février, une première historique. Selon des analystes, cette nouvelle déclaration pourrait renforcer la pression sur le Premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou, dont la coalition dépend de partis d'extrême droite favorables à la colonisation.



