Des villages palestiniens de Cisjordanie sont de plus en plus souvent la cible de violences perpétrées par des colons israéliens, souvent en présence de l'armée israélienne. Selon un rapport de l'ONU cité par l'article, plus de 1 000 Palestiniens ont été déplacés depuis le début de l'année en Cisjordanie en raison de ces violences. Cette situation alarmante est décrite comme une « terreur » par les habitants, qui se sentent livrés à eux-mêmes.
Une escalade des violences dans les villages palestiniens
L'article de Libération, signé par Jean Stern, relate des témoignages d'habitants de villages comme Qusra, au sud de Naplouse. Ils décrivent des attaques nocturnes de colons armés, qui brûlent des maisons, des voitures et des champs. Les villageois racontent que l'armée israélienne assiste parfois sans intervenir, voire protège les assaillants. Un habitant de Qusra, cité par le journal, affirme : « Nous sommes livrés à la terreur des colons, sans aucune protection ».
Selon les données de l'ONU, plus de 1 000 Palestiniens ont été déplacés depuis janvier, un chiffre en hausse par rapport aux années précédentes. Les violences ont également fait des morts : au moins 10 Palestiniens ont été tués par des colons ou lors d'opérations militaires dans la même période. Ces incidents se produisent souvent alors que l'armée israélienne mène des opérations de démolition de maisons ou de confiscation de terres.
Une impunité quasi totale pour les auteurs
L'article souligne que les colons violents bénéficient d'une impunité quasi totale. Les plaintes déposées par les Palestiniens auprès de la police israélienne aboutissent rarement à des poursuites. Des organisations de défense des droits humains, comme B'Tselem, dénoncent une politique de laisser-faire de l'État israélien. Selon le rapport de l'ONU, 90 % des enquêtes ouvertes sur des violences de colons sont classées sans suite.
Cette situation est aggravée par la politique de colonisation, qui se poursuit malgré les condamnations internationales. Les avant-postes illégaux sont régulièrement transformés en colonies officielles, avec le soutien du gouvernement israélien. Les colons sont souvent armés et organisés, et leurs attaques sont parfois coordonnées avec l'armée.
Un exode forcé et des conséquences humanitaires
Les violences poussent de nombreux Palestiniens à quitter leurs villages, parfois définitivement. Des communautés entières sont déplacées, notamment dans la zone dite de « la zone C », où Israël a le contrôle total sur la sécurité et la planification. Selon l'ONU, plus de 1 000 personnes ont été déplacées, mais le chiffre réel pourrait être plus élevé.
Les conséquences sont dramatiques : perte de terres agricoles, destruction de maisons, traumatismes psychologiques. Des familles vivent dans la peur constante, et les enfants sont particulièrement affectés. L'article cite le cas d'un village où les habitants ont dû fuir après qu'un colon a tiré sur une école. Les organisations humanitaires peinent à répondre aux besoins, car l'accès est souvent restreint par l'armée.
Une réaction internationale timide
Face à cette situation, la communauté internationale réagit timidement. Les États-Unis, traditionnellement alliés d'Israël, n'ont pas imposé de sanctions. L'Union européenne condamne les violences mais n'adopte pas de mesures concrètes. Plusieurs pays, dont la France, ont appelé à une protection internationale pour les Palestiniens, mais sans résultat. L'article note que les résolutions de l'ONU ne sont pas appliquées.
Selon des sources diplomatiques citées par Libération, des discussions sont en cours pour envoyer une mission d'observation, mais elles sont bloquées par le veto américain. En attendant, les violences continuent. Le dernier incident en date, rapporté par l'article, a eu lieu à la mi-août dans un village près de Naplouse, où des colons ont incendié des oliveraies, détruisant des centaines d'arbres.
La situation en Cisjordanie reste donc préoccupante, et les Palestiniens semblent abandonnés à leur sort. Le déplacement forcé de populations est une violation du droit international, mais la communauté internationale ne semble pas en mesure d'agir efficacement.



