La plateforme de messagerie Discord a annoncé, lundi 17 août, la suspension des diffusions en direct sur son service au Brésil. Cette décision fait suite au suicide d'une adolescente de 13 ans, survenu le 12 août à Pomerode, dans l'État de Santa Catarina. Selon les premiers éléments de l'enquête, la jeune fille aurait participé à un « défi » dangereux organisé sur la plateforme, qui l'aurait incitée à se mutiler puis à se donner la mort. Les autorités brésiliennes ont ouvert une enquête pour homicide et incitation au suicide.
Une décision de la maison mère, en pleine coopération avec la police
Discord a précisé, dans un communiqué, que cette suspension est « une mesure de précaution » et qu'elle reste en vigueur jusqu'à nouvel ordre. La plateforme affirme coopérer pleinement avec les autorités brésiliennes. Le directeur des politiques publiques de Discord pour l'Amérique latine, Roberto Machado, a déclaré : « Nous sommes profondément attristés par cette tragédie. Nous travaillons en étroite collaboration avec la police de Santa Catarina pour comprendre les circonstances exactes de ce drame et prendre toutes les mesures nécessaires. »
Un défi mortel qui inquiète les familles
Le « défi » en question, connu sous le nom de « Défi 13 », circule sur les réseaux sociaux depuis plusieurs années. Il consiste à réaliser une série de 13 tâches quotidiennes, dont certaines sont de plus en plus dangereuses, jusqu'à la dernière qui serait le suicide. La police brésilienne a confirmé que l'adolescente avait suivi ce protocole, et que des messages sur son téléphone portable en attestent. Des parents d'élèves de la région ont exprimé leur inquiétude, et certaines écoles ont déjà organisé des réunions d'information pour sensibiliser les élèves aux dangers de ces défis.
Une réaction des autorités brésiliennes
Le gouverneur de Santa Catarina, Jorginho Mello, a qualifié ce drame de « tragédie évitable » et a appelé les plateformes à « prendre leurs responsabilités ». Il a également annoncé que l'État allait renforcer les campagnes de prévention du suicide chez les jeunes. Le ministère de la Justice brésilien a, de son côté, ouvert une procédure pour évaluer la responsabilité de Discord dans cette affaire. Selon le code pénal brésilien, l'incitation au suicide est punie de 2 à 6 ans de prison.
Une mesure qui interroge sur la modération
La suspension des directs, qui ne concerne que le Brésil, soulève des questions sur la capacité des plateformes à modérer les contenus en temps réel. Discord avait déjà mis en place des outils de signalement, mais ceux-ci n'ont pas suffi à empêcher ce drame. La plateforme a indiqué qu'elle allait renforcer ses systèmes de détection automatique des contenus dangereux, notamment les messages évoquant des défis suicidaires. Les autorités brésiliennes espèrent que cette affaire servira de leçon et que d'autres pays suivront cet exemple.



