Cessez-le-feu Iran-États-Unis : nouvelles frappes, fragile trêve
Cessez-le-feu Iran-États-Unis : nouvelles frappes

Le cessez-le-feu entre l'Iran et les États-Unis au Moyen-Orient est-il sur le point de voler en éclat ? Washington et Téhéran ont échangé de nouvelles frappes, ce jeudi 28 mai, sur fond de désaccords persistants dans les négociations pour l'arrêt de la guerre.

Frappes mutuelles

Les Gardiens de la révolution (CGRI) ont déclaré avoir ciblé une base aérienne américaine, en représailles à des frappes lancées plus tôt contre leur site de Bandar Abbas, dans le détroit d'Ormuz, selon l'agence de presse Tasnim. Un responsable américain a indiqué que quatre drones d'attaque iraniens avaient été abattus et que les États-Unis avaient mené des frappes contre une station de contrôle au sol dans la ville portuaire de Bandar Abbas, qui s'apprêtait à lancer un cinquième drone. Ces actions étaient mesurées, purement défensives et visaient à maintenir le cessez-le-feu, a affirmé ce responsable.

Un site militaire visé au Koweït ?

Le CGRI a précisé avoir visé la base aérienne américaine d'où sont parties les frappes contre leur site de Bandar Abbas, sans toutefois préciser de laquelle il s'agissait. Le Koweït, qui abrite une importante base américaine, a déclaré répondre à des attaques de missiles et de drones, sans en indiquer la provenance. Israël, qui combat les militants du Hezbollah soutenus par l'Iran dans le sud du Liban, a également signalé avoir déclenché des sirènes d'alerte après une activité aérienne hostile dans le nord d'Israël.

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Escalade et conséquences

Cette escalade rappelle la fragilité du cessez-le-feu négocié entre les États-Unis et l'Iran, entré en vigueur début avril, réduisant à néant les espoirs d'un accord de paix et provoquant une nouvelle flambée des prix du pétrole. Les premières frappes américaines ont eu lieu quelques heures après que Donald Trump a catégoriquement rejeté des informations iraniennes sur un projet d'accord non officiel pour rétablir le trafic maritime dans le détroit d'Ormuz, actuellement géré par l'Iran et Oman.

Le président américain a déclaré : Personne ne contrôlera le détroit. Ce sont des eaux internationales et Oman se comportera comme tout le monde, sinon nous devrons les faire sauter. Il a ajouté qu'il n'était pas encore satisfait d'un accord avec l'Iran et que les États-Unis n'envisageaient pas d'alléger les sanctions.

Négociations difficiles

Côté iranien, Ebrahim Azizi, président de la commission du Parlement sur la sécurité nationale, a déclaré que la rhétorique de Donald Trump ne parviendrait pas à contraindre l'Iran à renoncer à ses exigences d'enrichissement d'uranium, d'autorité sur le détroit d'Ormuz et de levée des sanctions économiques. Depuis son déclenchement le 28 février, la guerre a fait des milliers de morts et a entraîné une forte hausse des prix mondiaux de l'énergie.

Le déblocage du détroit d'Ormuz, le démantèlement du programme nucléaire iranien et la levée des sanctions économiques constituent des points de désaccords majeurs. Le département du Trésor américain a ajouté l'Autorité du détroit du Golfe persique, l'organisme iranien chargé de gérer le passage, à une liste de personnes et d'entités sanctionnées.

Après une chute de plus de 5 % mercredi, les prix du pétrole ont rebondi suite aux informations faisant état d'une escalade des hostilités. Le prix du brut américain a progressé de plus de 3 %, tandis que les marchés boursiers ont reculé et le dollar s'est apprécié.

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