Cagnes-sur-Mer : la consule d'Ukraine comprend le retrait du drapeau mais appelle au dialogue
Cagnes : la consule d'Ukraine comprend le retrait du drapeau

La consule honoraire d'Ukraine à Nice, Irina Podyryako, dit comprendre la décision du maire RN de Cagnes-sur-Mer, Bryan Masson, de retirer le drapeau ukrainien qui flottait sur le château musée Grimaldi depuis 2022. Elle appelle néanmoins au dialogue et s'inquiète des critiques de l'élu envers l'Union Européenne.

Un symbole fort pour les réfugiés

Le drapeau ukrainien, hissé en février 2022 après l'invasion russe, devait rester jusqu'à la fin de la guerre. Il a été retiré sur consigne du nouveau maire, qui se démarque ainsi de son prédécesseur Louis Nègre (Les Républicains), à l'origine de l'initiative. Bryan Masson, 29 ans, avait justifié ce choix lors d'une interview : « Je préfère mettre le drapeau français que n'importe quel autre drapeau », évoquant un « acte de patriotisme ».

Irina Podyryako, qui habite à Cagnes-sur-Mer, se montre prudente pour ne pas entrer en « conflit » avec ses voisins. Elle constate que « l'être humain est comme ça, il tourne la page », mais souligne que « pour nous, c'était un symbole très fort. Le seul à avoir tenu aussi longtemps dans le département ». La communauté ukrainienne compte près de 16 000 ressortissants dans les Alpes-Maritimes.

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Reconnaissance envers l'ancien maire

La diplomate attribue cette longévité à Louis Nègre, envers qui elle se montre « très reconnaissante ». Elle rappelle que son soutien ne s'est pas limité au drapeau : « Il a mis la maison des assos à notre disposition pour la collecte de dons et les cours de français. Idem avec le casino Terrazur pour nos concerts caritatifs. Nous avons aussi eu de l'aide pour trouver des logements aux réfugiés hébergés chez des Cagnois. Nous n'oublierons jamais cette solidarité. »

Avec la nouvelle municipalité, elle souhaite « encourager le dialogue » afin « d'organiser des événements mettant à l'honneur l'Ukraine », notamment le 24 août, jour de la fête nationale. « On a réussi à s'intégrer rapidement [Le Centre Communal d'Action Sociale n'a recensé aucune nouvelle demande de logement depuis mars 2026]. Maintenant, on aimerait quand même faire vivre notre culture. C'est aussi elle que la Russie attaque. »

Inquiétude face à l'euroscepticisme

Irina Podyryako estime que la Russie impérialiste menace bien plus que l'Ukraine et appelle à l'unité des Européens. Elle s'inquiète particulièrement de l'euroscepticisme dont a fait preuve le maire en mars 2026. « Retirer le drapeau européen en mairie a plus impacté les Ukrainiens. L'Ukraine défend l'Europe. Si l'Europe enlève son soutien, on aura du mal à résister », prévient l'ex-directrice de l'Association Franco-Ukrainienne Côte d'Azur.

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