Brésil craint intervention militaire américaine après classification terroriste
Brésil craint intervention militaire américaine

Le gouvernement brésilien a exprimé sa vive inquiétude face à la décision des États-Unis de classer deux groupes criminels locaux comme organisations terroristes, craignant une possible intervention militaire américaine sur son territoire. Dans une lettre adressée au Parlement, le ministre des Affaires étrangères, Mauro Vieira, a averti que cette qualification unilatérale pourrait être utilisée pour justifier des actions extraterritoriales contre des institutions brésiliennes.

Une classification contestée par Lula

Le président de gauche Luiz Inácio Lula da Silva s'était opposé à cette qualification, estimant qu'elle autorise tous types d'intervention américaine contre les chefs de ces groupes partout dans le monde. « Cette classification unilatérale pourrait être invoquée pour justifier des actions extraterritoriales contre des institutions brésiliennes », a déclaré Mauro Vieira dans sa lettre mercredi. « Il y a un risque de recours à la force militaire des États-Unis contre le territoire national », a-t-il ajouté.

Les groupes visés : PCC et Comando Vermelho

En mai, le gouvernement américain a classé comme organisations terroristes le Primeiro Comando da Capital (PCC) et le Comando Vermelho (CV), arguant qu'ils disposent de « réseaux illicites » qui « s'étendent bien au-delà des frontières du Brésil ». Ces groupes sont impliqués dans le narcotrafic et d'autres activités illégales dans les quartiers populaires brésiliens.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Un précédent inquiétant

Depuis son retour à la Maison-Blanche en 2025, Donald Trump a entrepris de désigner comme terroristes plusieurs groupes criminels à l'étranger, comme les cartels de Sinaloa au Mexique ou le Tren de Aragua au Venezuela. Washington a ensuite mené des opérations meurtrières contre le Tren de Aragua au Venezuela ainsi que des frappes contre des embarcations présentées comme celles de narcotrafiquants dans les Caraïbes et le Pacifique, sans en apporter de preuve. Les États-Unis ont également kidnappé le dirigeant du Venezuela, Nicolas Maduro, au mépris du droit international.

Réactions politiques au Brésil

Au Brésil, l'opposition de droite a salué la décision de Washington, accusant le gouvernement de laxisme à l'approche de l'élection présidentielle d'octobre. Cette décision crée un nouveau sujet de tension entre les deux pays, qui s'opposent également sur les droits de douane. L'administration Trump doit décider d'ici au 15 juillet si elle applique des surtaxes de 25 % à plusieurs produits brésiliens, après une enquête sur des pratiques commerciales jugées déloyales par Washington. Des accusations rejetées par le gouvernement brésilien.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale