La sénatrice paraguayenne Celeste Amarilla a provoqué une onde de choc internationale avec des propos racistes visant Kylian Mbappé. Alors que le président paraguayen Santiago Peña s'est excusé auprès d'Emmanuel Macron, l'élue du Parti libéral radical authentique (centre-droit) persiste dans sa position, refusant de présenter des excuses claires.
Une lettre sans excuses sincères
Dans une longue lettre publiée dans la nuit du lundi au mardi sur ses réseaux sociaux, en espagnol et en français, Celeste Amarilla n'exprime que peu de regrets pour ses attaques. Elle avait qualifié Mbappé d'« abruti », de « Camerounais colonisé », et tenu des propos tels que « au lieu de téter le lait maternel, il tétait des noix de coco » ou « les êtres les plus instruits qu'il ait jamais entendus étaient des chimpanzés ».
« Je me suis repentie de t'avoir maltraité avec les mêmes insultes que je reçois, car moi aussi on me méprise pour être métisse et latine, sale on nous traite, indique-t-elle. Je me suis repentie et j'ai supprimé le post. Je me suis rendu compte que je répétais des schémas que je déteste et je l'ai supprimé. Je comprends que cela t'ait dérangé, parce que c'est humiliant. »
Des attaques persistantes contre le joueur
Pour le reste, la sénatrice maintient un ton agressif envers le capitaine des Bleus. « Le problème est entre vous et moi, lance-t-elle. Je n'ai jamais rien dit contre la France, au contraire. Ton arrogance et ton mépris m'énervent beaucoup. » Elle fait référence à une déclaration de Mbappé après la qualification contre le Paraguay : « S'il faut mettre les mains dans la merde, on va mettre les mains dans la merde », qu'elle interprète comme une insulte envers l'équipe paraguayenne.
« Nous ne sommes pas stupides, nous comprenons parfaitement que la merde, c'était l'équipe paraguayenne », estime-t-elle, critiquant le post de l'attaquant du Real Madrid qui dénonçait son « inconscience » et son « racisme décomplexé ».
Exige des excuses et menace de poursuites
« J'exige que tu te rétractes aussi et que tu me présentes des excuses, lance la politicienne. Moi non plus, je ne tolérerai pas ta violence, tu ne me connais pas, tu n'as aucune idée de qui je suis et tu n'as aucun droit de dire que je suis une femme méprisable, indigne de la fonction que j'exerce. »
Elle conclut en menaçant de poursuites judiciaires pour « violence de genre » : « Tu me méprises en fonction du genre. Tu m'offenses parce que je suis une femme, tu n'attaques ni ma couleur, ni mes préférences, tu n'attaques pas ma condition de femme ni ma position politique. Rétracte-toi avec moi, honore ta citoyenneté française et présente des excuses, sinon je pourrai entamer des actions légales pour violence de genre. »
La FFF saisit la justice
De son côté, la Fédération française de football (FFF) a annoncé lundi procéder « à un signalement au parquet à des fins de poursuite judiciaire » concernant les déclarations « abjectes et inacceptables » de Celeste Amarilla.



