Le torchon brûle entre les deux alliés. L’Italie a vivement réagi ce vendredi 19 juin aux critiques du président américain Donald Trump contre la Première ministre italienne Giorgia Meloni rapportées dans les médias, son chef de la diplomatie annulant même sa visite aux États-Unis. Le « Nouvel Obs » rembobine le fil de l’histoire.
Trump assure que Meloni l’a supplié de prendre une photo avec lui
Dans une interview téléphonique accordée à la chaîne télévisée italienne La7 vendredi, Donald Trump a affirmé que Giorgia Meloni l’avait « supplié » de prendre une photo avec lui en marge du sommet du G7 à Évian-les-Bains (Haute-Savoie), selon une transcription écrite de l’entretien téléphonique fournie à l’AFP par la chaîne, qui n’a pas diffusé l’enregistrement audio original.
« Elle avait tellement envie de prendre une photo avec moi. Je ne l’aurais pas fait, mais j’ai eu pitié d’elle ! », a déclaré Donald Trump selon cette retranscription de l’échange.
Meloni « consternée » par les propos de Trump
Une affirmation qui a provoqué une réponse courroucée de Giorgia Meloni sur X (ex-Twitter) : « Moi et l’Italie, on n’implore jamais », cingle-t-elle par écrit avant d’ajouter, face caméra : « Je ne comprends pas pourquoi le président des États-Unis se comporte ainsi envers ses propres alliés. Ce n’est d’ailleurs pas la première fois ». Et d’ajouter qu’elle est « consternée » par les déclarations « totalement inventées » de Donald Trump.
« Je ne peux que déplorer qu’il ne fasse pas preuve de la même détermination envers les ennemis de l’Occident, envers les ennemis des États-Unis, envers des dirigeants avec lesquels il se montre au contraire bien plus conciliant », a ajouté Giorgia Meloni.
Le ministre italien des Affaires étrangères annule sa visite aux États-Unis
De son côté, le ministre des Affaires étrangères Antonio Tajani a annoncé sur X annuler sa visite aux États-Unis, prévue les 21 et 22 juin, condamnant des « propos graves et offensants ».
Le ministre italien de la Défense, Guido Crosetto, a également apporté son soutien à la cheffe du gouvernement. « Je n’imagine pas Giorgia Meloni demander une photo à qui que ce soit, même sous la contrainte. En revanche, j’imagine combien cela lui a demandé de passer outre les propos de Trump tenus il y a quelques semaines afin de servir les intérêts de l’Italie, de l’Europe et de l’Occident », a-t-il écrit sur X.
Même tonalité chez le ministre de la Justice, Carlo Nordio, pour qui ces commentaires portent un « coup dur » aux relations italo-américaines.
À l’issue du sommet du G7 à Évian, mercredi, Giorgia Meloni avait évoqué un « climat très positif » et « aucune friction » entre Donald Trump et les autres dirigeants mondiaux présents. Elle avait toutefois ajouté qu’elle et Donald Trump avaient tous deux « un caractère bien trempé ». La Première ministre italienne a été vue à plusieurs reprises aux côtés du président américain lors du sommet, notamment lors d’une rencontre sur un canapé à l’issue de laquelle il a semblé lui tapoter l’épaule.
En avril, Donald Trump avait déjà critiqué Giorgia Meloni pour avoir refusé d’impliquer son pays dans la guerre en Iran, se disant « sous le choc » et déçu de son manque de « courage ». Giorgia Meloni, élue en octobre 2022 à la tête d’un gouvernement de coalition ultraconservateur, était jusqu’alors l’une des plus proches alliées de Donald Trump sur le Vieux Continent, s’efforçant souvent de jouer un rôle de médiatrice entre les positions divergentes des États-Unis et de l’Europe.



