Bolivie : levée progressive des barrages routiers après l'état d'exception
Bolivie : levée progressive des barrages routiers

Le gouvernement bolivien est parvenu à lever progressivement les barrages routiers qui paralysaient le pays depuis plusieurs jours, après avoir décrété l'état d'exception le 20 juin 2026. Cette mesure a permis de rétablir la circulation sur les principaux axes, notamment ceux reliant les grandes villes comme La Paz, Cochabamba et Santa Cruz. Selon le ministre de la Défense, Edmundo Novillo, environ 80 % des barrages ont été levés en 48 heures.

Un conflit social aux racines économiques

Les barrages étaient organisés par des syndicats de transporteurs et des groupes de soutien à l'ancien président Evo Morales, protestant contre la hausse des prix du carburant et les réformes économiques du gouvernement de Luis Arce. Les manifestants exigeaient une baisse des prix du diesel et de l'essence, qui avaient augmenté de 30 % en mai 2026. Le conflit a également été alimenté par des tensions politiques entre le parti au pouvoir, le Mouvement vers le socialisme (MAS), et les factions pro-Morales.

L'état d'exception et ses conséquences

L'état d'exception, décrété pour une durée de 30 jours, autorise l'armée à intervenir pour débloquer les routes et interdit les rassemblements publics. Le gouvernement a justifié cette décision par la nécessité de garantir l'approvisionnement en nourriture et en médicaments, les blocages ayant provoqué des pénuries dans plusieurs régions. Selon la Croix-Rouge bolivienne, au moins 12 personnes ont été blessées lors d'affrontements entre manifestants et forces de l'ordre.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Un impact économique significatif

Les barrages ont coûté environ 200 millions de dollars à l'économie bolivienne, selon la Chambre nationale de commerce. Les secteurs les plus touchés sont l'agriculture, le transport et le tourisme. Le gouvernement a annoncé des mesures de compensation pour les petits commerçants, mais les syndicats restent méfiants. "Nous ne lèverons les barrages que si le gouvernement répond à nos demandes concrètes", a déclaré Juan Carlos Huanca, leader des transporteurs, cité par l'agence de presse ABI.

Vers une sortie de crise ?

Malgré la levée des barrages, la situation reste tendue. Le gouvernement a ouvert des négociations avec les syndicats, mais les positions sont encore éloignées. Luis Arce a appelé au dialogue tout en maintenant l'état d'exception. "Nous sommes prêts à discuter, mais nous ne tolérerons pas le chaos", a-t-il affirmé lors d'une conférence de presse. La communauté internationale suit de près la situation, l'Organisation des États américains (OEA) ayant offert sa médiation.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale