Plus de 100 000 personnes ont perdu la vie en Birmanie depuis le coup d'État militaire de février 2021, selon un décompte de l'ONG Special Advisory Council for Myanmar (SACM) publié mardi 1er juillet. Ce chiffre, qui inclut des civils, des combattants de la résistance et des forces de sécurité, témoigne de l'ampleur de la violence qui déchire le pays.
Un conflit qui s'étend et s'intensifie
« Le conflit s'est propagé. Nous assistons à davantage de massacres », a déclaré un porte-parole du SACM. L'organisation, qui suit les violences depuis 2021, estime que le nombre réel de morts pourrait être encore plus élevé, car de nombreuses régions sont inaccessibles aux enquêteurs. Les affrontements entre l'armée birmane (Tatmadaw) et les groupes armés d'opposition, notamment les milices ethniques et les forces de défense du peuple, ont gagné en intensité ces derniers mois.
Des massacres de civils en hausse
Le rapport du SACM souligne une augmentation des exécutions sommaires et des attaques contre des civils. « Nous documentons des cas de villages entiers brûlés, des exécutions de masse et des violences sexuelles utilisées comme arme de guerre », précise le document. Les régions les plus touchées sont l'État de Sagaing, l'État de Kayah et l'État de Rakhine, où les combats sont les plus intenses.
Un bilan qui dépasse les conflits précédents
Avec plus de 100 000 morts en cinq ans, ce conflit dépasse déjà en nombre de victimes les précédentes guerres civiles birmanes. Selon des experts, la situation humanitaire est catastrophique : plus de 2,6 millions de personnes sont déplacées à l'intérieur du pays, et des millions d'autres ont besoin d'aide alimentaire et médicale. Les Nations unies ont qualifié la Birmanie de « crise oubliée ».
La communauté internationale impuissante
Malgré les appels répétés de l'ONU et des organisations de défense des droits humains, la communauté internationale n'a pas réussi à stopper les violences. Les sanctions économiques imposées à la junte birmane n'ont pas eu l'effet escompté, et les efforts diplomatiques menés par l'Association des nations de l'Asie du Sud-Est (ASEAN) sont restés lettre morte. « La junte refuse tout dialogue et continue de réprimer toute opposition », déplore le SACM.
Des perspectives sombres
Alors que le conflit entre dans sa sixième année, les perspectives de paix semblent lointaines. L'armée birmane, qui contrôle encore la majeure partie du territoire, mène des offensives de grande envergure pour tenter d'écraser la résistance. De leur côté, les groupes d'opposition, bien que divisés, gagnent du terrain dans certaines régions. Le SACM appelle la communauté internationale à agir d'urgence pour protéger les civils et mettre fin à l'impunité.



