Belfast : deuxième nuit d'émeutes anti-immigrés, la police déploie des canons à eau
Belfast, capitale de l'Irlande du Nord, a connu mercredi 10 juin sa deuxième soirée consécutive de manifestations anti-immigrés. Les forces de l'ordre ont de nouveau eu recours à des canons à eau pour repousser les émeutiers. De nombreux manifestants tentaient de se rendre dans un hôtel situé en périphérie de la ville, déjà ciblé par le passé pour avoir hébergé des demandeurs d'asile.
Des violences racistes condamnées par les autorités
Le secrétaire d'État britannique pour l'Irlande du Nord, Hilary Benn, a fermement condamné ces actes sur Sky News : "Si vous ciblez des personnes en raison de la couleur de leur peau, il s'agit de violence raciste". Il a souligné que ces violences avaient profondément traumatisé la région. "Il est vraiment difficile de rendre compte du sentiment de peur réel qui règne au sein de la communauté des minorités ethniques", a-t-il ajouté, évoquant des personnes arrêtées dans leur voiture et interrogées sur leur nationalité.
Dès mardi, des centaines de manifestants masqués avaient attaqué des maisons et incendié des véhicules à Belfast. Les émeutiers visaient principalement les personnes de couleur, chassant des familles de leurs domiciles. Des images de la BBC montrent des habitations en flammes et l'intervention de la police pour sauver une famille. Le pasteur Jack McKee a déclaré : "On s'en prend à eux simplement parce qu'ils sont noirs".
Réactions politiques
Le Premier ministre britannique Keir Starmer a affirmé que les responsables subiraient toute la rigueur de la loi : "Il est clair que des personnes ont été prises pour cible en raison de leurs origines, et je ne le tolérerai pas". Michelle O’Neill, Première ministre d'Irlande du Nord, a qualifié les attaques de "lâcheté répugnante".
Une agression à l'origine des tensions
Les violences ont été déclenchées par une vidéo virale montrant un réfugié soudanais poignardant un homme. Le suspect, Hadi Alodid, 30 ans, a été inculpé de tentative de meurtre et placé en détention provisoire. La victime, Stephen Ogilvie, a perdu un œil et a subi des entailles au visage et dans le dos. Sa famille a appelé au calme : "De nombreux migrants apportent une contribution précieuse à notre pays... Nous ne voulons pas que cette tragédie serve à diviser".
Contexte tendu et influence extérieure
L'agression survient dans un climat de tensions accrues au Royaume-Uni, avec des manifestations anti-immigration alimentées par des partis populistes. L'activiste Tommy Robinson a appelé à manifester, et Elon Musk a relayé des messages dénonçant la situation. La ministre de la Justice Naomi Long a dénoncé des "acteurs de mauvaise foi" instrumentalisation la peur. Claire Hanna, dirigeante du Parti social-démocrate et travailliste, a qualifié les violences de "pogrom à caractère racial".
L'Ofcom, régulateur des médias, a mis en garde les plateformes en ligne contre d'éventuelles poursuites si leurs services incitent à la violence.



