Deux attaques coordonnées ont visé des cadres du parti conservateur au pouvoir Nouvelle Démocratie (ND) en Grèce, faisant un mort et quatre blessés, selon les autorités grecques. L'attentat le plus meurtrier a eu lieu à Athènes, où un engin explosif a été placé sous la voiture de Yannis Boutaris, un responsable local de la ND. Boutaris, 52 ans, est décédé des suites de ses blessures à l'hôpital. Dans une seconde attaque à Thessalonique, une bombe a explosé devant le domicile de Maria Antoniou, une élue municipale de ND, blessant légèrement quatre personnes.
Attributions et revendications
Les autorités grecques ont attribué les attaques à l'organisation terroriste d'extrême gauche Lutte révolutionnaire (Epanastatikos Agonas). Selon une source policière citée par l'Agence France-Presse, le mode opératoire et les cibles correspondent à des actions précédentes de ce groupe. Aucune revendication officielle n'avait été émise dans les heures suivant les attentats, mais les enquêteurs s'appuient sur des similitudes avec des attaques passées. Le ministre de la Protection civile, Michalis Chrysochoidis, a déclaré : "Nous sommes confrontés à une escalade de la violence terroriste qui vise à déstabiliser la démocratie grecque."
Réactions politiques et mesures de sécurité
Le Premier ministre Kyriakos Mitsotakis a condamné les attentats, les qualifiant d'"actes lâches et barbares". Il a annoncé un renforcement immédiat des mesures de sécurité autour des personnalités politiques et des bâtiments publics. Le gouvernement a également déployé des unités antiterroristes supplémentaires dans les grandes villes. L'opposition de gauche, notamment le parti SYRIZA, a exprimé sa solidarité avec les victimes tout en appelant à une enquête transparente. Le président de SYRIZA, Alexis Tsipras, a déclaré : "La violence ne peut avoir aucune place dans notre démocratie. Nous soutenons les efforts pour traduire les responsables en justice."
Contexte de la menace terroriste en Grèce
La Grèce a connu une recrudescence d'attaques de groupes d'extrême gauche ces dernières années, bien que la Lutte révolutionnaire ait été moins active depuis l'arrestation de plusieurs de ses membres en 2017. Le groupe a revendiqué des attentats à la bombe contre des cibles politiques et économiques, dont un attentat à la voiture piégée contre le ministère des Finances en 2017. Selon un rapport du ministère grec de la Protection civile, le nombre d'incidents terroristes a augmenté de 30 % en 2025 par rapport à l'année précédente. Les experts estiment que la crise économique persistante et l'impopularité des réformes d'austérité alimentent le terreau de l'extrémisme.
Impact sur la société grecque
Ces attentats ont provoqué une onde de choc dans le pays, ravivant les craintes d'une résurgence du terrorisme. Des rassemblements de soutien aux victimes ont eu lieu dans plusieurs villes, tandis que les médias grecs mettent en garde contre une polarisation accrue. Selon un sondage réalisé par l'institut Kapa Research, 68 % des Grecs se déclarent préoccupés par la menace terroriste, un chiffre en hausse de 15 points par rapport à l'année précédente. Les autorités appellent à la vigilance et à la coopération citoyenne pour prévenir de nouvelles attaques.



