Frappes israéliennes au Liban : Amnesty réclame une enquête pour crimes de guerre
Amnesty appelle à enquêter sur des frappes israéliennes au Liban

L'organisation non gouvernementale Amnesty International a appelé, jeudi 9 juillet 2026, à l'ouverture d'une enquête indépendante pour crimes de guerre concernant des frappes aériennes israéliennes menées en mars 2026 dans le sud du Liban. Selon un rapport publié par l'ONG, ces frappes ont tué au moins 12 civils, dont cinq enfants, et blessé plusieurs dizaines de personnes.

Des frappes ciblant des zones résidentielles

Le rapport d'Amnesty se concentre sur trois frappes distinctes survenues entre le 10 et le 15 mars 2026. La première, le 10 mars, a touché un immeuble résidentiel dans le village de Kfar Kila, faisant quatre morts et huit blessés. La deuxième, le 12 mars, a visé une maison à Taybeh, tuant cinq membres d'une même famille, dont trois enfants. Enfin, le 15 mars, une frappe a détruit un commerce à Nabatieh, faisant trois morts et douze blessés.

L'ONG affirme qu'aucun objectif militaire n'était présent dans ces zones au moment des frappes. « Les preuves recueillies indiquent que ces attaques ont été menées sans discernement, en violation du droit international humanitaire », a déclaré Agnès Callamard, secrétaire générale d'Amnesty International, dans un communiqué.

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La réponse israélienne

Les autorités israéliennes ont rejeté ces accusations. Dans un communiqué, l'armée israélienne a affirmé que les frappes visaient des « cibles légitimes du Hezbollah » et qu'elles avaient été menées « conformément au droit international ». L'armée a également déclaré que des « avertissements préalables » avaient été donnés aux civils.

Cependant, Amnesty conteste cette version. L'ONG a recueilli des témoignages de survivants et examiné des images satellites qui, selon elle, infirment les affirmations israéliennes. « Les habitants nous ont dit qu'ils n'ont reçu aucun avertissement », a indiqué Callamard.

Un appel à la justice internationale

Amnesty International demande à la Cour pénale internationale (CPI) d'ouvrir une enquête préliminaire sur ces événements. L'ONG souligne que le Liban n'a pas ratifié le Statut de Rome, mais que la CPI pourrait néanmoins enquêter si le Conseil de sécurité de l'ONU le lui demande.

Le rapport intervient dans un contexte de tensions accrues entre Israël et le Hezbollah. Depuis octobre 2025, des échanges de tirs ont lieu quotidiennement à la frontière israélo-libanaise. Selon l'ONU, plus de 200 civils ont été tués au Liban depuis le début de ces affrontements.

Réactions internationales

Plusieurs organisations humanitaires ont apporté leur soutien à la demande d'Amnesty. Human Rights Watch a également appelé à une enquête indépendante. De son côté, le gouvernement libanais a condamné les frappes et annoncé qu'il soutiendrait toute démarche judiciaire internationale.

Les États-Unis, allié clé d'Israël, n'ont pas commenté directement le rapport d'Amnesty. Un porte-parole du département d'État a simplement réaffirmé le droit d'Israël à se défendre, tout en appelant à la retenue.

Le Hezbollah visé

Les frappes israéliennes visaient officiellement des positions du Hezbollah, le parti chiite libanais soutenu par l'Iran. Le Hezbollah a riposté en tirant des roquettes vers le nord d'Israël, faisant un blessé léger.

Le conflit a également des répercussions régionales. L'Iran a mis en garde Israël contre une escalade, tandis que la France a proposé une médiation, jusqu'à présent sans succès.

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