Les alliés arabes des États-Unis, notamment l'Arabie saoudite et les Émirats arabes unis, craignent que l'administration américaine ne conclue un accord précipité avec l'Iran, qui pourrait compromettre leur sécurité et renforcer l'influence de Téhéran dans la région.
Des négociations sous tension
Les discussions entre les États-Unis et l'Iran sur le programme nucléaire iranien suscitent de vives préoccupations parmi les monarchies du Golfe. Ces pays redoutent que Washington, désireux d'aboutir à un accord avant les prochaines échéances politiques, ne fasse des concessions majeures à Téhéran, notamment sur les questions balistiques et régionales.
Selon des sources diplomatiques, les alliés arabes estiment que tout accord doit impérativement inclure des dispositions contraignantes sur le programme de missiles balistiques de l'Iran et sur son soutien aux groupes armés dans la région, comme les Houthis au Yémen ou le Hezbollah au Liban.
Une position unie mais nuancée
Bien que les pays arabes du Golfe aient des approches parfois divergentes vis-à-vis de l'Iran, ils semblent unis dans leur opposition à un accord qui ne prendrait pas en compte leurs préoccupations sécuritaires. L'Arabie saoudite, en particulier, insiste sur la nécessité de lier tout accord nucléaire à un règlement global des comportements déstabilisateurs de l'Iran.
Les Émirats arabes unis, de leur côté, plaident pour une approche progressive, mais redoutent que la précipitation américaine ne les force à accepter un texte insuffisant.
Des craintes d'escalade régionale
Les alliés arabes craignent qu'un accord bâclé ne libère des fonds pour l'Iran, lui permettant d'accroître son financement de groupes proxies et de déstabiliser davantage la région. Ils estiment que cela pourrait conduire à une escalade des tensions, notamment au Yémen, en Irak et en Syrie.
Par ailleurs, ils s'inquiètent que la levée des sanctions ne permette à l'Iran de moderniser son arsenal conventionnel, accentuant le déséquilibre militaire dans une zone déjà instable.
Des consultations en cours
Face à ces inquiétudes, les États-Unis ont multiplié les consultations avec leurs alliés arabes, cherchant à les rassurer sur la teneur des négociations. Des responsables américains se sont rendus à Riyad et à Abou Dhabi pour discuter des paramètres de l'accord et tenter d'obtenir leur soutien.
Cependant, les alliés arabes restent sceptiques et estiment que leurs préoccupations ne sont pas suffisamment prises en compte. Ils appellent à une plus grande transparence sur les avancées des pourparlers et à des garanties concrètes pour leur sécurité.
En attendant, les monarchies du Golfe renforcent leurs propres capacités de défense et explorent des alternatives diplomatiques, notamment via le Conseil de coopération du Golfe, pour peser sur les négociations et éviter un accord qu'elles jugent dangereux pour leurs intérêts.



