Forte réprobation internationale face aux mesures israéliennes en Cisjordanie
Une coalition de quatre-vingt-cinq États membres des Nations unies a exprimé mardi une condamnation ferme et unie contre les récentes décisions israéliennes visant à renforcer sa présence en Cisjordanie occupée. Dans une déclaration commune lue à New York, ces pays, parmi lesquels figurent la France, la Chine, l'Arabie saoudite et la Russie, ainsi que des organisations comme l'Union européenne et la Ligue arabe, ont dénoncé des actions perçues comme une menace directe pour la paix régionale et l'intégrité démographique palestinienne.
Des mesures foncières accélérées
Cette condamnation intervient une semaine après l'approbation par le gouvernement israélien d'un texte facilitant les achats de terres par les colons, suivi dimanche d'une décision visant à accélérer le processus d'enregistrement foncier en Cisjordanie, territoire occupé par Israël depuis 1967. Les États signataires ont qualifié ces mesures de « présence illégale » et ont exigé leur annulation immédiate, arguant qu'elles violent les obligations d'Israël en vertu du droit international.
Crainte d'une annexion et altération démographique
Les pays ont réaffirmé leur ferme opposition à toute forme d'annexion et ont exprimé des inquiétudes profondes quant aux impacts démographiques. « Nous réitérons notre rejet de toutes les mesures visant à modifier la composition démographique, la nature et le statut du territoire palestinien occupé depuis 1967, y compris Jérusalem-Est », ont-ils déclaré. Ils estiment que ces actions compromettent les efforts de paix et mettent en péril la perspective d'un accord durable pour mettre fin au conflit.
Réactions internationales et contexte historique
L'ONU, plusieurs pays arabes et l'UE avaient déjà dénoncé lundi l'adoption de ces mesures. Le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, a appelé Israël à « revenir immédiatement » sur ces décisions, les jugeant « déstabilisantes et illégales », en référence à un avis de la Cour internationale de justice. La colonisation israélienne, qui s'est poursuivie depuis 1967, s'est intensifiée sous le gouvernement actuel de Benyamin Netanyahou, particulièrement depuis le début de la guerre à Gaza en octobre 2023. Aujourd'hui, plus de 500 000 Israéliens vivent dans des colonies considérées illégales par l'ONU, au milieu d'environ trois millions de Palestiniens en Cisjordanie, sans compter Jérusalem-Est, occupée et annexée.



