Au moins 350 travailleurs humanitaires ont été tués dans le monde en 2025, dont 186 dans la bande de Gaza, a annoncé lundi 17 août le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations unies (OCHA). Ce bilan, rendu public à l'occasion de la Journée mondiale de l'aide humanitaire, marque une nouvelle hausse de la violence contre les personnels d'organisations non gouvernementales, des agences onusiennes et du Mouvement international de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge.
Un nombre record de victimes parmi les humanitaires
Selon l'OCHA, ce total de 350 morts constitue un record depuis que l'organisation a commencé à compiler ces données. Il représente une augmentation de près de 30 % par rapport à l'année précédente, qui avait déjà été marquée par un niveau de violences inédit. Le territoire palestinien de Gaza concentre à lui seul plus de la moitié des victimes, avec 186 travailleurs humanitaires tués, soit environ 53 % du total mondial.
Le secrétaire général adjoint aux affaires humanitaires, Martin Griffiths, a déclaré : « Ces chiffres sont intolérables. Ceux qui consacrent leur vie à soulager les souffrances des autres sont de plus en plus pris pour cible. » Il a rappelé que le droit international humanitaire protège explicitement le personnel médical et humanitaire, et que les attaques délibérées contre eux constituent des crimes de guerre.
Une année 2025 particulièrement meurtrière pour l'aide humanitaire
L'OCHA précise que la majorité des décès ont été causés par des frappes aériennes, des tirs d'artillerie et des explosions d'engins non explosés. En dehors de Gaza, d'autres zones de conflit ont également été meurtrières, notamment au Soudan, où la guerre civile a fait au moins 45 victimes parmi les humanitaires, et en Ukraine, où 20 travailleurs ont perdu la vie. Des incidents ont aussi été rapportés en Éthiopie, en Afghanistan et en République démocratique du Congo.
Ce bilan intervient alors que les besoins humanitaires mondiaux atteignent des niveaux sans précédent. Selon l'ONU, plus de 300 millions de personnes auront besoin d'une assistance humanitaire en 2026, soit une personne sur vingt-deux dans le monde. Les financements, eux, restent insuffisants : à la mi-2026, seuls 38 % des appels de fonds des Nations unies étaient couverts.
Des appels à la protection des civils et des secouristes
Dans son communiqué, l'OCHA appelle toutes les parties aux conflits à respecter scrupuleusement le droit international humanitaire et à protéger les civils ainsi que les travailleurs humanitaires. L'organisation souligne que ces derniers sont souvent les seuls à pouvoir atteindre les populations les plus vulnérables, et que leur sécurité est une condition indispensable à l'acheminement de l'aide.
La Journée mondiale de l'aide humanitaire, célébrée chaque année le 19 août, est l'occasion pour les Nations unies de rendre hommage aux travailleurs humanitaires tués ou blessés dans l'exercice de leurs fonctions. En 2025, 350 d'entre eux sont morts, et des milliers d'autres ont été blessés ou pris en otage. L'ONU appelle à une action internationale pour mettre fin à l'impunité des auteurs de ces violences.



