La riposte commerciale de Donald Trump se concrétise
La contre-attaque de Donald Trump est désormais effective. Annoncée dans la foulée du camouflet infligé vendredi par la Cour suprême, la nouvelle surtaxe douanière mondiale de 10% voulue par le président américain est entrée en vigueur mardi. Ce décret, signé dès vendredi, vise à remplacer les droits de douane indiscriminés existants jusqu'ici, ainsi que ceux prévus par les différents accords commerciaux signés avec la plupart des gros partenaires économiques du pays.
Des exclusions notables dans l'application
Cette mesure ne remplace pas, en revanche, les droits de douane dits sectoriels, qui varient de 10% à 50% sur des secteurs comme le cuivre, l'automobile ou le bois de construction. Ces secteurs n'étaient pas concernés par la décision de la haute juridiction d'invalider une partie importante des surtaxes imposées par le dirigeant républicain depuis son retour au pouvoir. Elle ne s'applique pas non plus aux produits canadiens et mexicains importés aux États-Unis dans le cadre du traité nord-américain de libre-échange (ACEUM).
Mise en œuvre immédiate et base légale
Les services douaniers ont annoncé que la collecte des droits de douane retoqués par la Cour suprême cessera à compter de mardi à minuit, heure de Washington, au moment de l'entrée en vigueur de la nouvelle surtaxe. Ils ont affirmé qu'ils collecteront les nouveaux droits de douane de 10% dès cet instant.
Pour ce nouveau taux, le président américain s'est appuyé sur une loi de 1974 lui permettant de rééquilibrer les échanges entre les États-Unis et leurs partenaires économiques lorsqu'un déséquilibre marqué de la balance des paiements est démontré. Ces droits de douane devraient porter à 13,7% le taux effectif moyen appliqué aux produits entrants aux États-Unis, contre 16% avant la décision de la Cour suprême, selon le Budget Lab de l'Université Yale.
Un délai et des perspectives politiques
Au bout de 150 jours, le gouvernement devra obtenir un vote du Congrès s'il veut maintenir ces droits de douane sur la durée. Samedi, Donald Trump avait affirmé qu'il comptait faire passer les droits de douane à 15%, une décision fondée, selon lui, sur « un examen approfondi » de la décision de la juridiction suprême américaine, qu'il a jugée « ridicule » et « extraordinairement anti-américaine ». Il n'a toutefois pas pris de décret en ce sens pour l'instant.
Le décret sur les droits de 10% court jusqu'au 24 juillet, soit à peine plus de trois mois avant les élections de mi-mandat de novembre. Ces élections pourraient voir les démocrates reprendre le contrôle de la Chambre des représentants au Congrès. Ces droits de douane ne sont possibles qu'en cas de grave déséquilibre de la balance des paiements, qui regroupe l'ensemble des mouvements financiers entre deux pays.
Les chiffres du déséquilibre commercial
Ainsi, si le déficit commercial américain, concernant les biens, avec l'Union européenne s'est élevé à 236 milliards de dollars (200 milliards d'euros) en 2024, selon les données du représentant au Commerce de la Maison Blanche (USTR), le déficit de la balance des paiements n'était que d'environ 70 milliards d'euros (82,5 milliards de dollars), selon la Commission européenne. Cette distinction est cruciale pour comprendre la base légale de la nouvelle politique douanière de l'administration Trump.



