Un accord historique pour la gouvernance de KNDS
La France et l'Allemagne ont annoncé, le 22 juin 2026, un accord majeur sur la gouvernance du fabricant de chars KNDS (Krauss-Maffei Wegmann et Nexter), établissant une direction paritaire entre les deux pays. Cet accord vise à renforcer la coopération industrielle et stratégique dans le domaine de la défense terrestre.
Selon le communiqué conjoint des ministères de la Défense français et allemand, la nouvelle structure prévoit un partage équitable des postes de direction et des droits de vote au sein du conseil d'administration. KNDS, né en 2015 de la fusion des activités de chars des deux pays, est un acteur clé dans la production du char Leclerc et du Leopard 2.
Détails de l'accord
L'accord stipule que le conseil d'administration de KNDS sera composé de huit membres, quatre français et quatre allemands. Le poste de président du conseil sera alterné tous les trois ans entre les deux nations. De plus, les décisions majeures, telles que les acquisitions ou les partenariats stratégiques, nécessiteront une majorité qualifiée des deux tiers.
Le ministre français de la Défense, Jean-Pierre Dupont, a déclaré : « Cet accord garantit une gouvernance équilibrée et durable, essentielle pour la compétitivité de KNDS sur le marché mondial de l'armement. » De son côté, la ministre allemande de la Défense, Anna Müller, a souligné : « C'est un signal fort de notre volonté commune de construire une défense européenne solide. »
Impact sur l'industrie de défense européenne
Cet accord intervient dans un contexte de consolidation du secteur de la défense en Europe, avec des projets comme le Système de Combat Terrestre Principal (MGCS), qui doit remplacer les chars Leclerc et Leopard 2 à l'horizon 2040. KNDS est également impliqué dans le programme CAESAR, un canon automoteur utilisé par plusieurs armées européennes.
Selon les analystes, cette gouvernance paritaire pourrait faciliter l'intégration des chaînes d'approvisionnement et réduire les coûts de production. En 2025, KNDS a réalisé un chiffre d'affaires de 4,2 milliards d'euros, en hausse de 8 % par rapport à 2024, grâce notamment aux commandes de l'armée allemande et française.
Réactions et perspectives
Les syndicats des sites de production, notamment à Munich et à Bourges, ont salué l'accord, y voyant une garantie pour l'emploi et la pérennité des sites. L'accord prévoit également la création d'un comité de surveillance conjoint pour assurer le respect des intérêts nationaux.
Ce renforcement du partenariat franco-allemand dans la défense terrestre s'inscrit dans la dynamique de la coopération européenne en matière de sécurité, notamment à travers le Fonds européen de défense. Berlin et Paris espèrent que ce modèle de gouvernance paritaire pourra être étendu à d'autres projets communs.



