L'Europe élargit le label Made in Europe aux alliés asiatiques
Made in Europe élargi aux alliés asiatiques

Se montrer scrupuleux dans le respect des règles face à des concurrents qui le sont beaucoup moins, cela a ses limites. L'Europe semble enfin lasse de se faire duper et envisage de créer une définition plus large de la voiture « Made in Europe », un sujet débattu depuis plusieurs mois. Selon une indiscrétion obtenue par le quotidien allemand Handelsblatt, l'idée serait de considérer comme « partenaires privilégiés » des pays tels que le Royaume-Uni, le Japon ou la Corée du Sud. Des constructeurs comme Honda, Nissan, Hyundai ou Kia, entre autres, pourraient ainsi bénéficier de certains dispositifs destinés à soutenir l'industrie européenne, notamment dans le domaine des petites voitures électriques abordables de la future catégorie e-Car.

Les alliés de mes alliés

L'approche peut sembler surprenante de prime abord, mais le fait est que l'automobile n'est plus une affaire de frontières. Les batteries coréennes alimentent des voitures assemblées en Europe, les technologies japonaises se retrouvent dans des modèles produits en Angleterre, et les constructeurs européens restent largement dépendants de fournisseurs étrangers. Dans ce contexte, certains responsables politiques estiment qu'il est plus pertinent de raisonner en termes d'alliances industrielles qu'en termes de frontières. L'Europe et ses partenaires constitueraient donc un bloc à l'objectif commun : rester compétitifs face à la montée en puissance des constructeurs chinois, qui ont souvent joué avec des cartes dans la manche.

Les voitures japonaises et coréennes pourraient ainsi profiter du statut « Made in Europe » pour contrer la Chine. Cependant, comme souvent en Europe, tout le monde n'est pas encore sur la même longueur d'onde. La France, notamment, défend l'idée d'un label « Made in Europe » réservé aux véhicules réellement produits au sein de l'Union. D'autres pays, à commencer par l'Allemagne, considèrent qu'une vision trop stricte du Made in Europe finirait par se retourner contre les constructeurs européens. Et cela représente un changement notable dans la politique automobile européenne : anticiper. Jusqu'ici, on avait parfois l'impression que l'on décidait d'abord, avant de réfléchir aux conséquences. Il y a du mieux !

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Cette évolution pourrait avoir des implications majeures pour l'industrie automobile. En élargissant le cercle des partenaires, l'Europe cherche à renforcer sa compétitivité tout en maintenant des standards élevés. Les constructeurs asiatiques, déjà bien implantés en Europe, pourraient voir leurs investissements facilités. Reste à savoir si les différents États membres parviendront à un consensus sur cette définition élargie du Made in Europe.

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