Le ministre français de l'Économie et des Finances, Roland Lescure, a jugé injustifiés, jeudi, les droits de douane pour « travail forcé » que les États-Unis souhaitent imposer à une soixantaine de pays, parmi lesquels figurent les membres de l'Union européenne (UE) ainsi que la Chine.
Interrogé par des journalistes en marge de la réunion ministérielle de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) à Paris, Roland Lescure a répondu sans ambages : « Non, ça ne l’est pas ». Il a également précisé avoir déjà évoqué le sujet avec le représentant américain au Commerce, Jamieson Greer, lors d’un entretien en tête-à-tête il y a quelques semaines.
Un compromis provisoire sous pression
Les États-Unis ont proposé mardi d’imposer des droits de douane supplémentaires à 60 économies, dont le Japon, l’Inde et le Mexique, estimant que ces pays ne luttent pas suffisamment contre l’importation de biens issus du travail forcé. Cette proposition, qui n’est pas définitive, découle d’enquêtes lancées en mars par l’administration Trump, invoquant une loi sur le commerce datant de 1974. L’objectif est de trouver une voie légale pour rétablir les surtaxes douanières annulées en février par la Cour suprême des États-Unis.
Face à cette situation, Roland Lescure a estimé que « la meilleure manière de répondre, c’est de continuer à regarder droit devant nous, à mettre en œuvre les accords de Turnberry le plus tôt possible et de passer à autre chose pour donner de la visibilité à nos entreprises ».
L'UE sous pression américaine
Sous la pression de Donald Trump, l’UE est parvenue, le 20 mai, à un compromis provisoire pour mettre en œuvre l’accord commercial conclu en juillet 2025 à Turnberry, en Écosse, avec les États-Unis. Cet accord prévoit la suppression par l’UE des droits de douane appliqués sur la plupart des importations en provenance des États-Unis, en échange d’un plafonnement à 15 % des droits de douane imposés par Washington sur les produits européens. Le président américain avait menacé l’UE de porter de 15 % à 25 % les droits de douane sur les voitures et camions européens si l’accord n’était pas mis en œuvre rapidement par les Européens.



