L'Italie serre les rangs derrière Meloni ciblée par Trump mais craint des représailles
Italie derrière Meloni ciblée par Trump, craintes commerciales

La Première ministre italienne, Giorgia Meloni, a reçu un soutien politique massif après avoir été directement prise pour cible par l'ancien président américain Donald Trump. Ce dernier a qualifié Meloni de « socialiste radicale » lors d'un meeting en Floride, suscitant une vague d'indignation et de solidarité en Italie. Cependant, au-delà des déclarations politiques, le gouvernement italien s'inquiète des possibles conséquences économiques, notamment des représailles commerciales que Washington pourrait imposer.

Un front uni derrière Meloni

La classe politique italienne, toutes tendances confondues, a condamné les propos de Donald Trump. Le président du Conseil, Matteo Salvini, a déclaré : « Les attaques contre notre Première ministre sont des attaques contre l'Italie tout entière ». Même l'opposition de gauche a exprimé son soutien, le chef du Parti démocrate, Enrico Letta, affirmant que « les insultes de Trump sont inacceptables et nous soutenons Meloni face à cette ingérence étrangère ».

Les médias italiens ont largement relayé l'incident, soulignant que Meloni est devenue la cible privilégiée de Trump en Europe en raison de ses positions sur l'immigration et l'UE. Selon un sondage réalisé par l'institut SWG, 72 % des Italiens désapprouvent les attaques de Trump contre leur dirigeante.

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Inquiétudes commerciales croissantes

Malgré le soutien politique, le gouvernement italien redoute des mesures de rétorsion économique de la part des États-Unis. L'Italie exporte pour environ 40 milliards d'euros de biens vers les États-Unis chaque année, notamment dans les secteurs de l'agroalimentaire, du luxe et de la mécanique. Une hausse des tarifs douaniers ou des restrictions commerciales pourrait frapper durement l'économie italienne, déjà fragilisée par une croissance atone.

Le ministre de l'Économie, Daniele Franco, a confié au quotidien La Repubblica : « Nous suivons la situation avec la plus grande attention. Les relations commerciales avec les États-Unis sont essentielles pour notre pays, et nous espérons que le dialogue prévaudra sur la confrontation ». Des sources diplomatiques indiquent que Rome tente d'activer ses canaux avec Washington pour désamorcer la crise.

Un contexte électoral sensible

Cette crise survient à un moment délicat pour Meloni, alors que son parti, Fratelli d'Italia, a vu sa cote de popularité baisser ces derniers mois. Les élections régionales en Lombardie et dans le Latium, prévues pour 2023, pourraient être affectées par cette polémique. Certains analystes estiment que Trump cherche à affaiblir Meloni pour favoriser des forces politiques plus proches de lui en Italie.

L'opposition italienne, bien que solidaire sur le fond, critique la gestion de la crise par le gouvernement. Le chef du Mouvement 5 étoiles, Giuseppe Conte, a déclaré : « Il est temps que Meloni montre qu'elle peut défendre les intérêts italiens face à Trump, pas seulement recevoir des éloges de son camp ».

Réactions internationales

Au niveau européen, plusieurs dirigeants ont exprimé leur soutien à Meloni. La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a tweeté : « Nous sommes solidaires de l'Italie face à ces attaques infondées ». Le président français Emmanuel Macron a également apporté son soutien, soulignant l'importance de l'unité européenne face aux pressions extérieures.

De son côté, Donald Trump n'a pas réagi aux critiques et a maintenu ses attaques lors d'un second meeting dans l'Ohio, qualifiant Meloni de « marionnette de Bruxelles ». Cette escalade verbale laisse présager une période de tensions entre Rome et Washington, avec des conséquences potentielles sur les relations transatlantiques.

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