La filière avicole polonaise exprime de vives inquiétudes face à la ratification imminente de l'accord de libre-échange entre l'Union européenne et le Mercosur. Les éleveurs redoutent que cet accord n'entraîne une augmentation massive des importations de volailles en provenance d'Amérique du Sud, notamment du Brésil et de l'Argentine, ce qui mettrait en péril leur compétitivité.
Des craintes justifiées selon les producteurs
Les producteurs polonais estiment que les normes de production en Amérique du Sud sont moins strictes qu'en Europe, notamment en matière de bien-être animal et d'utilisation d'antibiotiques. Cette différence de réglementation créerait une distorsion de concurrence, les importations sud-américaines étant moins chères à produire. Selon l'Association polonaise des producteurs de volailles, le coût de production au Brésil serait inférieur de 30 % à celui de la Pologne.
Un marché polonais déjà sous pression
La Pologne est l'un des principaux producteurs de volailles de l'UE, avec une production annuelle de plus de 2 millions de tonnes. Le secteur emploie directement et indirectement plusieurs centaines de milliers de personnes. Les éleveurs craignent que l'accord ne provoque une chute des prix sur le marché européen, déjà affecté par une demande atone et une inflation des coûts de l'alimentation animale.
Les syndicats agricoles polonais ont appelé le gouvernement à négocier des clauses de sauvegarde pour protéger la filière. Ils demandent notamment la mise en place de quotas d'importation et des contrôles sanitaires renforcés aux frontières de l'UE.
Un débat qui dépasse les frontières polonaises
Cette opposition polonaise s'inscrit dans un mouvement plus large de contestation de l'accord UE-Mercosur dans plusieurs États membres. La France, l'Irlande et l'Autriche ont également exprimé des réserves, craignant pour leurs secteurs agricoles. En Pologne, la question est devenue un enjeu politique majeur à l'approche des élections législatives.
Le gouvernement polonais a indiqué qu'il suivait de près la situation et qu'il défendrait les intérêts des agriculteurs polonais dans les négociations avec Bruxelles. Une réunion d'urgence avec les représentants de la filière avicole est prévue dans les prochains jours.



