Fermeture du détroit d'Ormuz : un choc pour le commerce mondial et français
Fermeture d'Ormuz : impact sur le commerce mondial

La fermeture du détroit d'Ormuz : une menace sérieuse pour les échanges internationaux

La fermeture du détroit d'Ormuz, consécutive au début des frappes américano-israéliennes sur l'Iran, suscite de vives inquiétudes pour le commerce mondial. Le golfe Persique, acteur majeur dans l'exportation d'hydrocarbures, voit sa navigation interrompue, provoquant une flambée immédiate des prix du carburant. Cependant, cette paralysie affecte bien d'autres marchandises, révélant la vulnérabilité des chaînes d'approvisionnement globales.

Un impact énergétique significatif mais nuancé pour la France

D'un point de vue énergétique, le golfe Persique représente entre 20 et 25 % de l'approvisionnement mondial en hydrocarbures. La France importe de cette région du pétrole brut, des produits raffinés et du gaz, comme l'explique Paul Tourret, directeur de l'Institut supérieur d'économie maritime (ISEMAR). Toutefois, ces importations ne constituent que 10 % de l'ensemble du pétrole importé par la France, nuance l'expert pour tenter de rassurer. Pour notre pays, ce n'est pas tant une question de disponibilité du produit brut qui se pose actuellement, détaille-t-il, mais plutôt une augmentation des coûts des produits liés au pétrole.

Les produits dérivés et l'aluminium en première ligne

Au-delà des hydrocarbures, cette zone commerciale est cruciale pour les importations françaises de produits semi-finis. Paul Tourret ajoute que ces marchandises, nécessaires à la production d'engrais et d'autres matières dérivées, sont actuellement bloquées sur des cargos. La situation dans le golfe Persique pourrait donc avoir des conséquences à moyen terme sur le secteur de la pétrochimie, affectant notamment la production de plastique, de certains produits cosmétiques et pharmaceutiques.

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Depuis le début du conflit en Iran, la France doit également renoncer à une partie de ses importations d'aluminium brut, produit par les Émirats arabes unis, dont les cargaisons n'ont pas encore franchi le détroit d'Ormuz.

L'agroalimentaire et les exportations européennes touchées

Dans le sens des exportations, de nombreuses marchandises sont également bloquées dans le détroit. Au Moyen-Orient, la France exporte principalement des produits lactés et de la viande, majoritairement du poulet, précise le directeur de l'ISEMAR. Chez nos voisins européens, la situation est similaire. Anne-Sophie Fribourg, vice-présidente de l'Union des Entreprises Transport et Logistique de France (TLF), souligne auprès de l'AFP que l'Italie exporte de l'agroalimentaire, beaucoup de marbre et de céramiques, et les Pays-Bas de l'agroalimentaire.

Un « petit choc pétrolier » comparable à 2022

Pour Paul Tourret, cette situation rappelle un « petit choc pétrolier », similaire à celui observé en 2022 avec la guerre en Ukraine. Selon lui, une paralysie prolongée du golfe Persique risque avant tout de se ressentir sur les prix des marchandises plus que sur leur absence sur le marché français. Cette analyse met en lumière les risques inflationnistes pour l'économie française, alors que les tensions géopolitiques persistent.

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