Des composants chinois dans les drones iraniens malgré les sanctions
Composants chinois dans drones iraniens malgré sanctions

Un courriel parvenu dans la boîte de réception d'Iran Watch, un groupe du Wisconsin Project on Nuclear Arms Control qui surveille les réseaux de prolifération d'armes iraniens, a mis en lumière les pratiques commerciales de la Chine en temps de guerre. Révélé par le Wall Street Journal, ce message envoyé le 5 mars dernier depuis un serveur situé en Chine émane de Xiamen Victory Technology. L'entreprise y exprimait sa solidarité avec l'Iran et proposait de vendre des moteurs de conception allemande destinés à propulser des drones d'attaque unidirectionnels.

Des moteurs interdits par les États-Unis

Les États-Unis ont pourtant interdit la vente de ces moteurs, connus sous le nom de Limbach L550, à l'Iran et à la Russie. Ils constituent un composant essentiel du drone explosif iranien Shahed-136, dont une version est également largement utilisée par la Russie en Ukraine. Le Shahed, principal drone d'attaque iranien, peut parcourir jusqu'à 1 600 kilomètres avec une ogive explosive, ce qui en fait l'une des plus grandes préoccupations de Washington.

La Chine, plaque tournante des composants à double usage

Le cas de cette petite entreprise chinoise peu connue illustre la difficulté des Américains à endiguer le flux de biens dits à double usage (articles ayant des applications civiles et militaires) vers leurs adversaires, souligne le Wall Street Journal. La Chine, principal rival des États-Unis, sert depuis longtemps de plaque tournante pour les composants américains et européens qui pourraient être détournés vers des usines de drones en Iran et en Russie, selon d'anciens responsables du Trésor interrogés par le quotidien américain. Ces derniers affirment que ces composants sont fabriqués en Chine même, souvent par de petites usines qui ne craignent pas les sanctions occidentales.

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Des câbles à fibres optiques et des batteries en cause

Selon les enquêtes du département du Trésor, la quasi-totalité des pièces américaines et européennes sont détournées via des distributeurs agréés vers des détaillants en Chine continentale ou à Hong Kong, qui expédient ensuite les pièces vers l'Iran ou la Russie. Conflict Armament Research, un groupe britannique enquêtant sur le trafic d'armes, a également constaté une augmentation notable de l'utilisation de composants fabriqués par des constructeurs chinois dans les drones de type Shahed.

Les exportations chinoises de câbles à fibres optiques vers la Russie ont connu une forte hausse à l'automne 2024, peu après que la Russie a utilisé avec succès des drones télécommandés par câble pour contrer le brouillage des signaux ukrainien et reprendre la région de Koursk. Elles ont augmenté encore plus fortement après l'attaque ukrainienne contre la ville de Saransk en avril 2025, qui a mis hors service le principal fournisseur russe de câbles à fibres optiques.

Des pics d'exportations de batteries et de câbles à fibres optiques vers l'Iran ont également été observés en juillet et août 2025, immédiatement après la guerre de 12 jours entre l'Iran et Israël, selon Washington. Des milices soutenues par l'Iran ont utilisé des drones contrôlés par câble à fibres optiques pour détruire un hélicoptère Black Hawk américain et un système radar de défense aérienne à Bagdad en mars.

Pékin nie toute infraction

Pékin nie toutefois toute infraction à la législation. Le ministère chinois des Affaires étrangères indique auprès du quotidien américain avoir constamment appliqué des restrictions sur les exportations de biens à double usage conformément à ses propres lois et réglementations et à ses obligations internationales.

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