Au Pérou, le second tour de l'élection présidentielle, prévu le 6 juin, oppose deux candidats que beaucoup considèrent comme le « moins pire ». D'un côté, Keiko Fujimori, fille de l'ancien président autoritaire Alberto Fujimori, et de l'autre, Pedro Castillo, syndicaliste enseignant de gauche radicale. Les deux candidats cristallisent les craintes et les espoirs d'un pays profondément divisé.
Un choix difficile pour les électeurs
Les Péruviens se rendent aux urnes dans un contexte de crise sanitaire, économique et politique. Le pays a connu quatre présidents en cinq ans, et la pandémie de Covid-19 a aggravé les inégalités. Keiko Fujimori, candidate de droite, promet la continuité du modèle économique libéral, mais son passé judiciaire et les accusations de corruption entachent sa campagne. Pedro Castillo, quant à lui, propose une refonte de la Constitution et une nationalisation des ressources, ce qui inquiète les milieux d'affaires.
Une campagne marquée par la polarisation
La campagne électorale a été émaillée de tensions et de discours clivants. Les deux camps se sont accusés mutuellement de vouloir détruire la démocratie. Keiko Fujimori a été critiquée pour ses liens avec des réseaux de corruption, tandis que Pedro Castillo a été qualifié de communiste dangereux par ses adversaires. Les sondages donnent les deux candidats au coude-à-coude, rendant l'issue du scrutin incertaine.
- Keiko Fujimori : 46 ans, femme politique, fille d'Alberto Fujimori. Elle a déjà été candidate à la présidentielle en 2011 et 2016. Elle est actuellement en liberté provisoire dans une affaire de corruption.
- Pedro Castillo : 51 ans, instituteur et syndicaliste. Il a surpris en arrivant en tête du premier tour avec 19 % des voix, grâce à un discours anti-establishment.
Les enjeux du scrutin
Le prochain président devra faire face à de nombreux défis : relancer une économie sinistrée par la pandémie, lutter contre la corruption endémique, et apaiser un climat social tendu. Les électeurs expriment leur lassitude face à une classe politique jugée corrompue et inefficace. Beaucoup voient ce second tour comme un choix par défaut, entre deux candidats qui ne suscitent pas l'enthousiasme.
Le scrutin se déroule sous haute surveillance, avec des mesures sanitaires strictes. Les résultats sont attendus dans la soirée du 6 juin. Quel que soit le vainqueur, le nouveau président devra composer avec un Congrès fragmenté, ce qui promet des négociations difficiles.



