Une politique migratoire durcie sous Kast
Depuis l'arrivée au pouvoir du président d'extrême droite José Antonio Kast, le Chili a radicalement durci sa politique migratoire. Des milliers de migrants, principalement colombiens, équatoriens et vénézuéliens, se retrouvent bloqués à la frontière péruvienne, refoulés sans ménagement. Les témoignages recueillis par Libération décrivent des scènes de désespoir et d'humiliation.
Des familles entières laissées pour compte
À la frontière entre le Chili et le Pérou, des centaines de personnes campent dans des conditions précaires. María, une Colombienne de 34 ans, raconte : "Ils nous ont dit qu'ils ne voulaient plus de Colombiens, ni d'Équatoriens, ni de Vénézuéliens. Nous avons tout laissé derrière nous." Comme elle, beaucoup ont fui la violence et la pauvreté dans leur pays d'origine, espérant trouver une vie meilleure au Chili.
Le gouvernement Kast a justifié ces refoulements par la nécessité de "rétablir l'ordre" et de lutter contre l'immigration clandestine. Mais les associations de défense des droits de l'homme dénoncent des violations graves : séparations familiales, détentions arbitraires, et renvois sans procédure légale.
L'impuissance des autorités péruviennes
Le Pérou, qui fait face à une crise politique et économique, peine à gérer cet afflux. Les centres d'accueil sont saturés. "Nous faisons ce que nous pouvons, mais nos ressources sont limitées", confie un responsable local. Les migrants se retrouvent souvent livrés à eux-mêmes, sans abri ni nourriture suffisante.
Pendant ce temps, au Chili, la politique de Kast continue de faire débat. Ses partisans saluent une fermeté nécessaire, tandis que l'opposition dénonce une "chasse aux étrangers". La communauté internationale observe avec inquiétude cette dérive autoritaire.
- Plus de 10 000 migrants refoulés depuis janvier 2025
- Des témoignages de violences policières lors des expulsions
- Des familles avec enfants en bas âge parmi les refoulés
Un avenir incertain
Pour ceux qui sont bloqués à la frontière, l'avenir est sombre. "Nous ne pouvons pas retourner au Chili, et nous ne pouvons pas rester ici", résume Luis, un Vénézuélien de 28 ans. Certains tentent de passer par des filières clandestines, au risque de tomber entre les mains de trafiquants. D'autres espèrent un changement de politique, mais l'horizon semble bouché.
Cette crise humanitaire met en lumière les conséquences dramatiques des politiques migratoires restrictives. Alors que le monde se ferme, des milliers de vies restent en suspens, dans l'attente d'une solution qui tarde à venir.



