Capture de Maduro : l'espoir renaît pour une Vénézuélienne à Nîmes
Alena, 33 ans, originaire du sud-est du Venezuela, vit à Nîmes depuis 2020. Mardi 13 janvier, elle a accepté de revenir sur les conditions de vie sous Nicolás Maduro dans son pays d'origine, qu'elle a fui en 2016 après le décès de son père, victime de l'ultraviolence et de la pauvreté qui gangrenaient déjà le Venezuela avant la capture surréaliste de son président par les États-Unis.
Une nuit surréaliste
« Le 3 janvier, j'ai été réveillée très tôt par un message sur mon téléphone. Un ami me disait : 'ça y est, allume vite la télévision !' », raconte Alena, serveuse dans un établissement historique de Nîmes. Cette nuit du 3 janvier 2026, elle espère de tout cœur avoir fait basculer son pays. « La chute de Nicolás Maduro, on l'attendait dans les jours à venir. Ce n'était pas une surprise puisque les navires américains s'étaient positionnés depuis un mois près des côtes vénézuéliennes. Il se disait que les USA allaient le faire tomber le 6 ! », explique-t-elle, encore sous le choc de ce rapt « complètement dingue » du président de la République bolivarienne du Venezuela, survenu à Caracas au cœur de la nuit.
Précarité, violence, répression
Née à Tucupita, dans la province de Delta Amacuro, Alena est issue d'une famille modeste. Depuis la transition entre Hugo Chávez et Nicolás Maduro en 2013, ses conditions de vie n'ont cessé de se dégrader. « Au fil des ans, l'inflation et le chômage ont explosé, accentuant la précarité. Et qui dit précarité dit insécurité et violence... Sans compter la répression sanglante systématique de toutes les formes de révolte du peuple par les autorités », dénonce-t-elle.
Un père tué par balle
En 2015, à Mérida, Alena suit des cours d'art dramatique à l'université grâce aux sacrifices de sa famille. « Ma mère, comptable, occupait trois emplois pour subvenir à nos besoins. Mon père, livreur de bouteilles de gaz, était aussi moto-taxi pour nous permettre de survivre », se souvient-elle. Après avoir survécu à une prise d'otage ultraviolente dans un bar, elle n'envisage l'exil que quelques mois plus tard, lorsque son père est tué par balle pour le vol de sa motocyclette. Ce traumatisme la pousse en 2016 à s'envoler pour la Colombie, où elle joue de la clarinette dans les métros et les rues pour survivre.
De l'Amérique latine à Nîmes
De 2017 à 2020, Alena vit au Chili comme femme de chambre. « Entre la corruption, la pauvreté et la violence, rentrer au Venezuela m'était impossible », dit-elle. Elle s'envole ensuite pour l'Europe, passe par l'Espagne et le nord de la France, avant d'atterrir à Nîmes en 2020. Elle donne des cours de clarinette à l'école du Mont-Duplan, puis travaille comme serveuse dans divers établissements, jusqu'à décrocher un CDI dans un bar historique.
Inquiétude pour les proches
« En attente du renouvellement de mon titre de séjour, je vis dans une inquiétude immense pour mes proches, dont mon cousin qui n'a pas pu fuir le pays », confie Alena, émue. « Pour l'heure, la chute de Maduro n'a encore rien changé concrètement. Mais les négociations entre les États-Unis et Delcy Rodriguez redonnent espoir au peuple », sourit-elle timidement. « Cet espoir que l'on croyait disparu du Venezuela, mais que le rapt rocambolesque du 3 janvier 2026 pourrait bien faire renaître. »
Delcy Rodriguez, ex-ministre de l'économie et femme de confiance du président déchu, assure aujourd'hui la présidence par intérim du Venezuela.



