Une famille anéantie par un drone russe
Dans la nuit du lundi 29 au mardi 30 septembre 2025, un drone russe a frappé une maison du village de Tchernetchtchyna, dans le nord-est de l'Ukraine, tuant une famille entière. Les victimes sont Alyona Lesnichenko, 26 ans, enceinte de jumeaux, son mari Oleksandr, soldat, et leurs deux fils âgés de 4 et 6 ans. L'engin a détruit leur domicile alors que la famille dormait, ne laissant aucune chance de survie.
Le village, jusque-là épargné par les combats, est sous le choc. Les habitants peinent à comprendre pourquoi une attaque aussi meurtrière a visé un quartier résidentiel paisible. "Il n'y a eu aucune frappe ici pendant toute la guerre, aucune", témoigne Alina Lagoyda, une proche de la famille. "À quoi cela servait-il ?"
Des souvenirs déchirants
Natalya, une voisine, se souvient de la dernière fois qu'elle a vu Alyona : "Elle leur a acheté tout ce qu'ils voulaient : des bonbons, de la limonade, des tartes, des saucisses, du fromage. Tout." Alyona était une mère attentionnée, mais elle n'a rien pu faire pour protéger ses enfants lorsque le drone a frappé.
Le mari d'Alyona, Oleksandr, était un soldat qui avait combattu au front. "Il s'est battu encore et encore, puis il est venu ici. Et cela s'est produit", confie Lubov Panchenko, une autre voisine. Les proches décrivent une famille unie, toujours ensemble, comme le souligne la conseillère municipale Oksana Chernova : "La famille, la mère, le père, ils étaient toujours ensemble."
Une escalade des frappes de drones
Selon l'armée de l'air ukrainienne, la Russie a intensifié ses attaques par drones en septembre 2025, avec une moyenne de 188 engins tirés par jour, soit une hausse de plus d'un tiers par rapport au mois précédent. Depuis le 10 mai, Moscou lance des drones chaque nuit, mettant fin à une brève trêve de trois jours annoncée par Vladimir Poutine.
Kiev dénonce une stratégie de terreur visant la population civile. Ces frappes sont principalement menées avec des drones Shahed de conception iranienne, bon marché et difficiles à intercepter. Bien que l'armée ukrainienne affirme en abattre la plupart, le nombre croissant de victimes civiles inquiète, même dans les zones rurales comme Tchernetchtchyna.
Des funérailles sous le signe du deuil
Mercredi, des dizaines d'habitants se sont rassemblés le long de la route pour assister au cortège funèbre, composé de camionnettes et de voitures. Certains jetaient des fleurs sur la route, tandis que d'autres portaient des bouquets aux couleurs du drapeau ukrainien, bleu et jaune. Les enfants n'ont probablement même pas eu le temps de sortir de leur lit lorsque le drone a frappé, ajoute Oksana Chernova.
Natalya décrit les fils d'Alyona comme de "bons enfants" qui l'appelaient "mamie". "C'étaient de bonnes personnes. Mais ils sont morts comme ça", se désole-t-elle. Ce drame illustre la violence quotidienne subie par les civils ukrainiens, pris pour cible par des attaques indiscriminées.



