Le ministère de la Défense ukrainien a lancé le 19 juin une initiative inédite, TrophyLab. Il s'agit d'une plateforme collaborative en ligne qui vise à rassembler l'ensemble des connaissances de l'Ukraine sur l'armement russe utilisé depuis le début de la guerre, le 24 février 2022, via des fragments collectés sur le terrain.
Une plateforme ouverte pour partager les données techniques
Des missiles, des drones, et des chars décortiqués, dont les informations sont partagées en accès libre. La plateforme recense à ce jour 115 échantillons d'équipements russes en tout genre. Elle ne se contente pas de partager simplement ces éléments, mais fournit aussi des schémas, analyses de composants, réalisés par des laboratoires d'État et des agences de renseignement ukrainiens.
Processus de vérification des utilisateurs
Les utilisateurs de la plateforme doivent au préalable se soumettre à un processus de vérification avant d'accéder à ces données. Ce sont ainsi essentiellement les industriels de la défense ukrainiens ou de pays partenaires, ainsi que les ministères de la Défense ou institutions scientifiques alliés qui sont autorisés à s'y connecter.
« Nous offrons aux ingénieurs, aux scientifiques et aux fabricants de technologies de défense un accès transparent, sécurisé et rapide à des échantillons et fragments capturés, des résultats de recherche des instituts d'État et des analyses des composants et données techniques », peut-on lire sur la plateforme. Ils pourront ainsi « analyser les systèmes ennemis, étudier leur conception, identifier leurs points faibles et élaborer des contre-mesures efficaces » dans le but « d'élaborer des contre-mesures basées sur les informations les plus récentes ».
Accélérer les solutions pour contrer l'arsenal russe
« Chaque missile, drone et véhicule saisi sur le champ de bataille est désormais une source de connaissances pour le monde libre », assure Mykhailo Fedorov, ministre de la Défense ukrainien, sur X. « Les utilisateurs peuvent également demander du matériel physique pour des tests, raccourcissant considérablement le cycle de développement des contre-mesures », poursuit-il.
L'ambition est d'accélérer ainsi la mise en place de solutions pour contrer l'arsenal russe, en transformant le butin de guerre en une source de données partagées.



