Tunisie : transition démocratique bloquée, place à un autoritarisme inachevé
Tunisie : d'une démocratie bloquée à un autoritarisme inachevé

La Tunisie n'est plus dans une transition démocratique bloquée, elle est entrée dans une transition autoritaire inachevée, selon une analyse publiée dans Le Monde le 24 juillet 2026. L'article, signé par des experts, décrit un pays où le président Kaïs Saïed a concentré tous les pouvoirs entre ses mains, affaiblissant les contre-pouvoirs et les institutions.

Un président aux pouvoirs étendus

Depuis le coup de force du 25 juillet 2021, le président Saïed a dissous le Parlement, limogé le gouvernement et s'est arrogé le pouvoir de légiférer par décret. La nouvelle Constitution, adoptée par référendum en juillet 2022, a consacré un régime hyper-présidentiel, sans véritable séparation des pouvoirs. Selon l'analyse, « le chef de l'État dispose désormais de l'essentiel des prérogatives exécutives, législatives et judiciaires ».

Une opposition réduite au silence

Les opposants politiques, les journalistes et les militants des droits de l'homme sont régulièrement poursuivis en justice. Le parti Ennahdha, principale force politique du pays avant 2021, a été dissous et ses dirigeants emprisonnés. La société civile, pourtant pilier de la révolution de 2011, est muselée. L'article note que « la libéralisation politique, acquise de haute lutte, a été anéantie en quelques mois ».

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Une crise économique et sociale profonde

La Tunisie fait face à une grave crise économique, avec une inflation à 10,5 % en juin 2026, un chômage de 18 % et une pénurie de produits de base. Le président Saïed impute ces difficultés à la corruption et aux complots étrangers, sans proposer de solutions concrètes. Selon l'analyse, « le régime autoritaire en construction ne parvient pas à apporter de réponses aux défis économiques et sociaux ».

Un avenir incertain

L'article conclut que la Tunisie est dans une impasse : ni retour à la démocratie, ni stabilisation autoritaire. Le pays est « entré dans une transition autoritaire inachevée, dont l'issue est incertaine ». Les experts appellent la communauté internationale à ne pas normaliser cette situation et à soutenir les forces démocratiques tunisiennes.

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