La ville de Toronto a suffoqué sous la fumée des feux de forêt qui ravagent le Canada, enregistrant l'une des pires qualités de l'air au monde ce mercredi 16 juillet. Selon les autorités locales, l'indice de qualité de l'air (Air Quality Health Index) a atteint le niveau 10+, soit le plus élevé sur l'échelle de risque, qualifié de « très haut risque ».
Un épisode de pollution sans précédent
Les feux de forêt, qui brûlent depuis plusieurs semaines dans l'ouest du Canada, ont déversé des particules fines sur Toronto, la plus grande ville du pays. Les images satellites montrent un nuage de fumée s'étendant sur des centaines de kilomètres. « C'est la première fois que nous voyons un tel niveau de pollution à Toronto », a déclaré le Dr. David McKeown, médecin-chef de la santé publique de Toronto. « Les concentrations de particules fines (PM2.5) sont plus de 10 fois supérieures aux normes de sécurité. »
Conséquences sur la santé et la vie quotidienne
Les autorités ont conseillé aux résidents de rester à l'intérieur, de porter des masques N95 et d'éviter toute activité physique en extérieur. Les écoles ont annulé les activités de plein air, et les services de transport en commun ont renforcé la fréquence pour réduire le temps d'attente des usagers. Les hôpitaux ont signalé une augmentation de 30 % des consultations pour des problèmes respiratoires. « Nous voyons des patients de tous âges avec des symptômes de toux, d'irritation des yeux et de difficultés respiratoires », a précisé le Dr. McKeown.
Origine des feux et perspectives
Les feux de forêt au Canada sont devenus plus fréquents et plus intenses en raison du changement climatique. Selon Ressources naturelles Canada, la superficie brûlée cette année est déjà supérieure de 40 % à la moyenne décennale. Les vents du nord-ouest ont transporté la fumée sur plus de 3 000 kilomètres jusqu'à Toronto. Les prévisions météorologiques indiquent que les vents pourraient tourner dans les prochains jours, apportant un soulagement temporaire, mais les incendies continuent de faire rage.
Comparaison avec d'autres villes
Toronto se classe désormais parmi les villes les plus polluées au monde, dépassant des mégapoles comme Delhi ou Pékin. L'indice de qualité de l'air (AQI) mesuré par IQAir a atteint 350, soit un niveau « dangereux ». « C'est une situation alarmante qui montre que même les grandes villes canadiennes ne sont pas à l'abri des effets du changement climatique », a commenté une porte-parole de l'organisation environnementale Greenpeace Canada.



