« La négligence est un choix », souligne le Conseil norvégien pour les Réfugiés (NRC). Le 4 juin, l'organisation a publié la dixième édition de son rapport annuel sur les crises humanitaires les plus négligées dans le monde. Cette organisation indépendante, fondée en 1946, intervient dans une trentaine de pays pour gérer des camps de réfugiés, fournir une aide alimentaire et assurer l'accès à l'eau potable.
Dans ce rapport, le Soudan occupe la première place, une position qu'il a déjà tenue sept fois en dix ans. Viennent ensuite la République démocratique du Congo (RDC), la Colombie, le Yémen, l'Afghanistan, le Honduras, l'Équateur, le Cameroun, le Nigeria et le Mozambique. Ces pays concentrent des millions de personnes déplacées, souvent oubliées des médias et de la communauté internationale.
Des crises prolongées et ignorées
Le NRC insiste sur le fait que ces crises ne sont pas nouvelles, mais qu'elles perdurent faute d'attention et de financements. Au Soudan, les conflits armés et les violences ethniques ont provoqué des déplacements massifs. En RDC, les affrontements entre groupes armés et les épidémies aggravent la situation humanitaire. En Colombie, malgré l'accord de paix de 2016, des violences persistent dans les zones rurales, forçant des familles à fuir.
Le rapport souligne également que le Yémen, en proie à une guerre civile depuis 2014, reste l'une des pires crises humanitaires, avec des millions de personnes menacées par la famine. En Afghanistan, le retour des talibans a plongé le pays dans une crise économique et humanitaire. Le Honduras et l'Équateur subissent les conséquences de la violence des gangs et de l'instabilité politique.
Un appel à l'action
Le Cameroun, le Nigeria et le Mozambique complètent ce triste palmarès, avec des conflits internes et des attaques djihadistes qui déplacent des populations entières. Le NRC appelle les gouvernements et les organisations internationales à ne pas détourner le regard. « Chaque vie compte, et l'inaction a un coût humain immense », rapporte l'ONG.
Ce rapport annuel vise à briser l'indifférence et à mobiliser des ressources pour ces crises oubliées. Alors que des dizaines de millions de personnes sont déplacées, le NRC insiste sur la nécessité d'une action urgente et coordonnée.



