Le navire humanitaire Ocean Viking, affrété par l'ONG française SOS Méditerranée, a été la cible de tirs des garde-côtes libyens dimanche alors qu'il menait une opération de sauvetage en Méditerranée. L'ONG dénonce une « attaque sans précédent » et réclame une enquête ainsi que la fin de la coopération entre l'Europe et la Libye.
Une attaque en pleine opération de sauvetage
Selon SOS Méditerranée, l'Ocean Viking se trouvait en eaux internationales, au nord des côtes libyennes, avec à son bord 87 personnes secourues la nuit précédente. Il était activement engagé dans la recherche d'une autre embarcation en détresse lorsqu'un patrouilleur des garde-côtes libyens s'est approché et a ordonné au navire de quitter la zone, un ordre jugé « illégal » par l'ONG. L'équipage a informé les garde-côtes de son départ, mais sans avertissement, deux hommes à bord du patrouilleur ont ouvert le feu.
Des tirs nourris pendant vingt minutes
Les tirs ont duré au moins vingt minutes, soumettant l'équipage et les passagers à un danger extrême. Heureusement, aucune victime n'est à déplorer, mais l'attaque a causé des dégâts matériels importants : des impacts de balles à hauteur de tête, la destruction de plusieurs antennes, des fenêtres brisées et du matériel de sauvetage endommagé. L'Ocean Viking a émis un appel de détresse et alerté l'Otan, avant d'être redirigé vers un navire de la Marine italienne qui n'a jamais répondu, selon l'ONG.
SOS Méditerranée exige une enquête
Sophie Beau, directrice générale de SOS Méditerranée, dénonce une « attaque délibérée et ciblée » et exige une enquête complète. Elle pointe du doigt le soutien des États européens, en particulier l'Italie, qui a offert le patrouilleur à l'origine des tirs à la Libye en 2023. L'ONG rappelle un « long passé de comportements irresponsables » des garde-côtes libyens et leur mépris du droit maritime international. Elle appelle à la fin immédiate de toute collaboration européenne avec la Libye.
Cap sur la Sicile
L'Ocean Viking a mis le cap sur Syracuse, en Sicile, pour débarquer les 87 rescapés, dont 80 Soudanais et 21 mineurs non accompagnés, et effectuer les réparations nécessaires. Cet incident relance le débat sur la sécurité des opérations de sauvetage en Méditerranée et sur la responsabilité des États dans la protection des droits humains en mer.



