Depuis le 24 juillet, la Thaïlande et le Cambodge sont à nouveau en conflit. Ce regain de violence a déjà causé au moins 34 morts et forcé plus de 200 000 personnes à fuir leur domicile. Les deux pays s’accusent mutuellement d’avoir déclenché ces combats, issus d’un vieux différend frontalier.
De quand date ce conflit ?
La Thaïlande et le Cambodge se disputent depuis plusieurs années des portions de leur frontière commune, héritée du découpage colonial de l’Indochine française au début du XXe siècle. Le différend porte notamment sur des zones riches en forêts et en ressources, comme le "triangle d’émeraude", et sur des sites symboliques comme le temple de Preah Vihear, classé au patrimoine mondial par l’Unesco. Le tribunal international de La Haye a tranché à deux reprises en faveur du Cambodge – en 1962 puis en 2013 – mais Bangkok continue de contester certaines portions du tracé. Des affrontements avaient déjà éclaté autour de Preah Vihear entre 2008 et 2011, faisant 28 morts. Le niveau de violence observé depuis jeudi n’avait pas été atteint depuis près de quinze ans.
Pourquoi les combats ont-ils repris ?
Le conflit a repris le 24 juillet au matin, lorsqu’un échange de tirs a éclaté dans la province de Surin (Thaïlande), à proximité d’une base militaire. Le point de rupture serait survenu après la mort d’un soldat cambodgien fin mai, lors d’un accrochage nocturne dans la même zone. Selon Bangkok, des soldats cambodgiens armés se sont approchés d’une clôture barbelée après qu’un drone a survolé la zone contestée. Vers 8h20, les militaires thaïlandais affirment avoir été visés à 200 mètres de leur position. Phnom Penh dément et accuse au contraire l’armée thaïlandaise d’avoir violé son territoire.
Quel est le bilan humain ?
À ce jour, le conflit a fait 21 morts côté thaïlandais – dont huit soldats – et 13 morts côté cambodgien, selon les bilans officiels. Des dizaines de civils ont également été blessés. La situation humanitaire est alarmante : 138 000 Thaïlandais ont été contraints de fuir leur domicile, et plus de 80 000 Cambodgiens ont été déplacés. Des écoles, hôpitaux et infrastructures civiles ont été touchés par les tirs de roquettes et les bombardements aériens.
Que disent les acteurs impliqués ?
Vendredi, la Thaïlande a mis en garde contre une possible "guerre", peu avant une réunion d’urgence du Conseil de sécurité de l’ONU. Malgré cela, les combats se sont poursuivis jusqu’à dimanche matin. L’intervention du président américain Donald Trump, qui a appelé à un cessez-le-feu immédiat, a poussé les deux camps à se dire ouverts aux discussions, même si les tirs n’ont pas totalement cessé. Dimanche 27 juillet, le Premier ministre thaïlandais par intérim Phumtham Wechayachai a annoncé qu’il rencontrerait lundi en Malaisie son homologue cambodgien Hun Manet. Les discussions, à Kuala Lumpur, visent à "rétablir la paix", a déclaré le porte-parole Jirayu Houngsub.



