Tensions xénophobes : des centaines de Ghanéens quittent l'Afrique du Sud
Tensions xénophobes : des centaines de Ghanéens quittent l'Afrique du Sud

Un exode précipité

Depuis plusieurs semaines, l'Afrique du Sud est secouée par une vague de violences xénophobes sans précédent. Des centaines de ressortissants ghanéens ont été contraints de quitter le pays pour échapper aux attaques. Selon les autorités ghanéennes, plus de 500 personnes ont déjà été rapatriées, et des vols supplémentaires sont prévus dans les jours à venir.

Des violences ciblées

Les incidents se concentrent principalement dans les townships de Johannesburg et de Pretoria, où des commerces tenus par des étrangers ont été pillés et incendiés. Les ressortissants ghanéens, ainsi que d'autres communautés africaines, sont pris pour cible. Le gouvernement sud-africain a condamné ces actes et promis de renforcer la sécurité, mais les mesures semblent insuffisantes pour endiguer la crise.

La réaction du Ghana

Le Ghana a mis en place un dispositif d'urgence pour rapatrier ses citoyens. Des centres d'accueil ont été ouverts à l'aéroport international de Kotoka, à Accra, pour recevoir les rapatriés. Le ministre ghanéen des Affaires étrangères a déclaré que son pays ne tolérerait pas que ses ressortissants soient victimes de discriminations et de violences. Il a également appelé les autorités sud-africaines à protéger les communautés étrangères.

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Témoignages poignants

Parmi les rapatriés, beaucoup racontent des histoires traumatisantes. « J'ai perdu mon magasin, tout ce que j'avais construit en dix ans. Je suis rentré au Ghana avec seulement un sac de vêtements », confie Kwame, un commerçant de 45 ans. D'autres expriment leur peur et leur colère face à l'inaction des autorités sud-africaines.

Un phénomène récurrent

Les violences xénophobes ne sont pas nouvelles en Afrique du Sud. En 2008 et 2015, des émeutes similaires avaient déjà fait des dizaines de morts et des milliers de déplacés. Les causes sont multiples : chômage élevé, inégalités criantes et discours politiques stigmatisant les étrangers. Cette nouvelle flambée de violence inquiète les pays voisins et les organisations internationales.

Appels à la communauté internationale

Plusieurs organisations de défense des droits de l'homme ont exhorté le gouvernement sud-africain à agir. L'Union africaine a proposé une médiation pour apaiser les tensions. De son côté, le Ghana a appelé ses ressortissants encore présents en Afrique du Sud à se signaler auprès de l'ambassade pour organiser leur départ si nécessaire.

Alors que les rapatriements se poursuivent, la question de la réintégration des victimes se pose. Le gouvernement ghanéen promet un accompagnement psychologique et une aide à la réinstallation. Mais pour beaucoup, le traumatisme reste profond.

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