Un témoin de l'apocalypse nucléaire
Nikolaï Soloviov, mécanicien turbine à la centrale nucléaire de Tchernobyl, a survécu à l'explosion du réacteur 4 le 26 avril 1986. Quarante ans plus tard, l'invasion russe de l'Ukraine lui a volé son fils, plongeant cet homme de 67 ans dans une nouvelle guerre.
La nuit de l'explosion
Cette nuit-là, Soloviov était en service à l'unité 2, à quelques centaines de mètres du réacteur 4. Il a ressenti une secousse semblable à un tremblement de terre. Les turbines tournaient encore, couvrant le bruit de l'explosion. Les alarmes ont retenti. Il s'est dirigé vers le réacteur, croisant des collègues irradiés, vomissant ou transportés sur des civières. Tous sont morts peu après.
L'intervention des secours
L'ampleur du désastre lui est apparue : il voyait le ciel à travers le trou béant. Des trombes d'eau jaillissaient des tuyaux brisés. Les pompiers ont arrosé le réacteur fumant, empêchant le feu de se propager, mais la plupart sont décédés, brûlés par les radiations.
Une vie marquée par les radiations
Le matin du 26 avril, son quart a pris fin. Il est rentré chez lui à Pripyat, où les autorités soviétiques ont caché la catastrophe pendant des jours. Soloviov est resté à la centrale pour la liquidation, participant à la construction du sarcophage. Il estime que seul l'URSS avait les moyens de gérer une telle crise, mais déplore les morts : des dizaines de ses connaissances ont succombé au cancer. De son équipe de nuit, seuls 4 sur 22 sont encore en vie.
La deuxième guerre
En 2022, l'invasion russe a bouleversé sa vie. Son fils cadet s'est engagé dans l'armée ukrainienne et a été porté disparu en septembre 2023. Depuis, Soloviov n'a plus la force de travailler et a pris sa retraite. Il habite près de Slavoutytch, une ville fondée après Tchernobyl, où le musée local expose des débris de drones russes. Pour lui, la première guerre était contre les radiations ; la seconde est contre l'envahisseur.



