Taïwan perd un nouveau partenaire en Afrique
Le Burkina Faso a annoncé le 24 mai 2018 la rupture de ses relations diplomatiques avec Taïwan, une décision qui illustre l'isolement croissant de l'île sur le continent africain. Ce départ porte à 4 le nombre de pays africains entretenant des liens officiels avec Taïwan, contre 10 il y a dix ans. Selon le ministère taïwanais des Affaires étrangères, le Burkina Faso a cédé aux pressions de la Chine, qui exige la reconnaissance de la politique d'une seule Chine.
La stratégie chinoise de séduction
La Chine multiplie les offres économiques et d'aide au développement pour convaincre les États africains de rompre avec Taïwan. En 2017, la Chine a accordé 60 milliards de dollars de prêts et d'investissements à l'Afrique. Le Niger et le Gabon ont déjà cédé, et des rumeurs persistantes évoquent un possible retournement de Sao Tomé-et-Principe, qui avait choisi Taïwan en 2016.
L'isolement diplomatique de Taïwan
Aujourd'hui, seuls 19 pays dans le monde reconnaissent officiellement Taïwan, dont quatre en Afrique : le Burkina Faso (jusqu'à récemment), l'Eswatini, le Lesotho et le Mali. Le ministre taïwanais des Affaires étrangères, Joseph Wu, a déclaré : « Nous regrettons profondément cette décision du Burkina Faso, qui nuit à la coopération bilatérale. » Il a également souligné que Taïwan continuerait à soutenir ses partenaires africains dans les domaines de la santé, de l'éducation et de l'agriculture.
Conséquences pour les relations économiques
La rupture avec le Burkina Faso pourrait coûter à Taïwan des contrats d'infrastructure et des projets de développement. En 2017, les échanges commerciaux entre Taïwan et le Burkina Faso s'élevaient à 12 millions de dollars. La Chine, de son côté, a promis 47 millions de dollars d'aide au Burkina Faso pour la construction d'un hôpital et d'une école.
Réactions internationales
Les États-Unis ont exprimé leur inquiétude face à ce qu'ils considèrent comme une pression chinoise excessive. Un porte-parole du département d'État a déclaré : « Nous encourageons tous les pays à faire leurs choix diplomatiques librement, sans coercition. » La Chine a répliqué en affirmant que la décision du Burkina Faso était « un choix souverain conforme au droit international ».
Perspectives pour Taïwan
Taïwan tente de maintenir sa présence en Afrique par le biais de la coopération non gouvernementale, notamment via des ONG et des entreprises privées. Cependant, l'isolement diplomatique réduit sa capacité à influencer les décisions régionales. Le gouvernement taïwanais a annoncé un plan d'action pour renforcer les liens avec les pays africains qui lui sont encore fidèles, en augmentant les bourses d'études et les projets agricoles.



