Depuis ce lundi 29 juin, un nouvel arrêté de la préfecture maritime de la Méditerranée encadre les activités nautiques sur l'étang d'Ingril, à Frontignan. Signé le 26 juin, il remplace le texte de septembre 2023 et fait suite à la commission nautique locale du 26 mai à la Direction départementale des territoires et de la mer (DDTM) de Sète. L'arrêté municipal, pris dans la foulée, entre en vigueur ce mardi 30 juin et reprend les mêmes dispositions pour la bande des 300 mètres du littoral.
Priorité à la pêche professionnelle
Le principe directeur est clair : la pêche professionnelle est prioritaire, conformément au Schéma de cohérence territoriale de Sète Agglopôle Méditerranée. "Cette priorité n'est pas exclusive des autres activités, mais elles doivent être compatibles avec la pratique de la pêche professionnelle", rappelle Pierre-Luc Lecompte, administrateur principal des Affaires maritimes et directeur départemental adjoint des territoires et de la mer, délégué à la mer et au littoral de l'Hérault et du Gard, lors d'une conférence de presse à l'Hôtel de ville ce lundi, aux côtés du maire Michel Arrouy et de l'élu Loïc Linares.
Activités rouvertes et suspendues
Le nouveau texte rouvre l'étang à plusieurs usages écartés en 2023 : navigation de plaisance à l'ouest de la zone des écoles de voile et de glisse, chasse marine sur l'ensemble du plan d'eau, pêche à pied (hors coquillages) et baignade. Les cinq écoles de voile et de glisse pourront poursuivre leurs activités avec des plages horaires élargies en fin de journée. En revanche, la pratique libre du kitesurf et du windfoil est suspendue jusqu'à nouvel ordre. En cause : la persistance des conflits avec les pêcheurs professionnels et plusieurs saisines de la préfecture maritime par les kitesurfeurs eux-mêmes. "Si nous en sommes arrivés là, c'est que le compromis arrêté en 2023 a montré ses limites", indique Pierre-Luc Lecompte. En attendant, la pratique reste possible sur les étangs voisins ou en mer, quand le temps s'y prête.
Régime transitoire pour le kitesurf
La pratique libre du kitesurf et du windfoil est désormais soumise à un régime transitoire. Pour retrouver l'accès à l'étang, ses représentants devront fournir une étude scientifique sur la capacité de charge et de fréquentation du site, réalisée par un bureau d'études agréé, et avec le maintien des conditions optimales d'exercice de l'activité de pêche professionnelle. Sur ces bases, un contingent de pratiquants et un système de régulation de l'accès seront négociés avec les pêcheurs et les autorités préfectorales. "On leur avait pourtant dit que le nombre de pratiquants libre était insoutenable. C'est à eux de le définir", insiste Pierre-Luc Lecompte. La préfecture maritime se garde toutefois de définir le seuil insoutenable.
Concertation et représentation
Une nouvelle phase de concertation s'ouvrira dans les prochaines semaines. Pour y participer utilement, les élus plaident pour des interlocuteurs structurés et légitimes. Le TKC, seule association locale existante, est jugé insuffisamment représentatif. Le comité départemental de la Fédération française de vol libre, disposant d'une expérience reconnue sur d'autres dossiers, serait, selon Loïc Linares, un partenaire plus approprié. "L'intérêt est d'avoir des acteurs dépassionnés, capables de dépersonnaliser le sujet", indique-t-il. "Ce n'est pas celui qui crie le plus fort qui arrive à ses fins", prévient le maire Michel Arrouy. Si les discussions aboutissent, l'arrêté pourrait être modifié rapidement, après réunion de la commission nautique locale. L'avenir de la pratique libre du kitesurf sur l'étang d'Ingril dépendra donc, en grande partie, de la capacité des acteurs à travailler ensemble.



