Au Sud-Liban, le retour impossible à la vie ordinaire après des mois de guerre
Sud-Liban : retour impossible à la vie ordinaire après la guerre

Des semaines après le cessez-le-feu, le sud du Liban reste marqué par les stigmates de la guerre. À Tyr, comme dans de nombreuses localités frontalières, le retour à une vie ordinaire semble impossible pour des milliers de déplacés. Les habitations sont en ruines, les infrastructures détruites, et le traumatisme psychologique profond.

Des villages fantômes et des routes dévastées

En parcourant les routes du sud, on découvre des villages fantômes. À Aïta el-Chaab, par exemple, plus de 80 % des bâtiments ont été endommagés ou détruits, selon les autorités locales. Les routes sont crevassées par les bombardements, et les champs agricoles, jadis verdoyants, ne sont plus que des étendues de terre brûlée. « On ne s’habitue jamais aux morts », confie Ali, un habitant de Tyr qui a perdu deux cousins dans les frappes.

Le poids du traumatisme et de l’incertitude

Au-delà des dégâts matériels, le poids psychologique est immense. Les familles qui reviennent trouvent leurs maisons inhabitées, souvent minées ou instables. Beaucoup hésitent à reconstruire, craignant une nouvelle escalade. Selon un rapport de l’ONG Human Rights Watch, plus de 100 000 personnes restent déplacées dans la région, et les besoins en aide humanitaire sont urgents. « Nous avons tout perdu, même l’espoir », témoigne Fatima, une mère de trois enfants, assise sur les décombres de ce qui était son foyer.

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Une reconstruction entravée par les tensions politiques

La reconstruction est également freinée par les tensions politiques internes et le manque de financement. Le gouvernement libanais, déjà fragilisé par la crise économique, peine à mobiliser les ressources nécessaires. Les promesses d’aide internationale se font attendre. Pendant ce temps, les habitants tentent de survivre, entre ruines et souvenirs douloureux. « Chaque jour, on se demande si on va pouvoir rester ou s’il faudra fuir à nouveau », explique Hassan, un agriculteur de Khiam.

L’espoir malgré tout ?

Malgré tout, certains refusent de céder au désespoir. Des initiatives locales voient le jour, comme des ateliers de soutien psychologique pour les enfants ou des coopératives agricoles pour relancer l’économie. Mais le chemin est long. « La guerre a tout détruit, mais nous sommes toujours là », conclut Ali, le regard perdu sur la mer Méditerranée.

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