Les Nations unies ont tiré la sonnette d'alarme, jeudi 18 juin, concernant une offensive imminente des Forces de soutien rapide (FSR) paramilitaires contre la ville d'El Obeid, au Soudan. Cette attaque pourrait déclencher une nouvelle catastrophe humanitaire dans un pays déjà ravagé par la guerre civile.
Une menace directe sur El Obeid
Selon les informations recueillies par l'ONU, les FSR, dirigées par le général Mohamed Hamdan Daglo, dit « Hemedti », se préparent à lancer une offensive majeure sur El Obeid, capitale de l'État du Nord-Kordofan. La ville, qui abrite environ 500 000 habitants, est un carrefour stratégique pour l'acheminement de l'aide humanitaire vers les régions du Darfour et du Kordofan.
« Nous sommes extrêmement préoccupés par les rapports faisant état d'une concentration de troupes des FSR autour d'El Obeid », a déclaré Stéphane Dujarric, porte-parole du secrétaire général de l'ONU. « Une attaque contre cette ville aurait des conséquences dévastatrices pour les civils et compromettrait gravement l'accès humanitaire à des millions de personnes dans le besoin. »
Un conflit qui s'enlise
La guerre civile au Soudan oppose depuis avril 2023 l'armée régulière, dirigée par le général Abdel Fattah al-Burhane, aux FSR de Hemedti. Le conflit a déjà fait des dizaines de milliers de morts et déplacé plus de 10 millions de personnes, selon les estimations de l'ONU. La région du Darfour a été particulièrement touchée, avec des violences ethniques et des atrocités documentées par les organisations de défense des droits de l'homme.
El Obeid est un point névralgique pour les opérations humanitaires. La ville sert de base logistique pour les convois d'aide destinés aux populations déplacées et aux réfugiés. Une offensive des FSR pourrait couper cet accès vital, plongeant des centaines de milliers de personnes dans une situation de famine et de privation.
Les appels à la désescalade
Face à cette menace, l'ONU a appelé les deux parties à cesser les hostilités et à respecter le droit international humanitaire. « Nous exhortons les belligérants à épargner les civils et à garantir un accès humanitaire sans entrave », a insisté M. Dujarric.
La communauté internationale, déjà critiquée pour son inaction face à la crise soudanaise, est de nouveau mise sous pression. Plusieurs ONG ont dénoncé l'insuffisance des financements et l'absence de volonté politique pour mettre fin au conflit.
« La situation à El Obeid est un test pour la communauté internationale », a déclaré un responsable humanitaire sous couvert d'anonymat. « Si nous ne parvenons pas à protéger cette ville, nous risquons de voir une nouvelle catastrophe humanitaire se dérouler sous nos yeux. »
Un précédent inquiétant
En mai dernier, les FSR ont pris le contrôle de la ville d'El Fasher, au Darfour, après des combats meurtriers. La chute de cette ville a entraîné un exode massif de civils et une détérioration brutale des conditions humanitaires. Les experts craignent qu'El Obeid ne connaisse le même sort.
« L'offensive sur El Obeid pourrait être encore plus destructrice que celle sur El Fasher, en raison de l'importance stratégique de la ville et de sa population nombreuse », a averti un analyste politique soudanais.
Alors que les négociations de paix sont au point mort, la perspective d'une nouvelle escalade militaire fait craindre le pire pour les civils soudanais, déjà éprouvés par plus d'un an de guerre.



