Ruto : « Bonne relation avec les États-Unis, mais pas d’alignement »
Ruto : « Bonne relation avec les États-Unis, mais pas d’alignement »

Dans un entretien exclusif accordé au Monde, le président kenyan William Ruto a tenu à clarifier la position de son pays vis-à-vis des États-Unis. Alors que Nairobi est souvent perçu comme un allié clé de Washington en Afrique de l’Est, Ruto insiste sur le fait que cette relation privilégiée ne signifie pas un alignement automatique sur les positions américaines.

Une relation « excellente » mais pas exclusive

« Avec les États-Unis, nous avons une excellente relation », a déclaré le chef de l’État kenyan. « Cela ne signifie pas un alignement. Nous avons nos propres intérêts et nous les défendons. » Cette déclaration intervient dans un contexte où les grandes puissances, notamment la Chine et la Russie, cherchent à renforcer leur influence sur le continent africain.

Le Kenya, qui accueille la plus grande ambassade américaine d’Afrique, est un partenaire stratégique pour Washington dans la lutte contre le terrorisme, notamment via la base aérienne de Camp Simba. Cependant, Ruto a souligné que son gouvernement entend diversifier ses partenariats. « Nous voulons travailler avec tous ceux qui respectent notre souveraineté et contribuent à notre développement », a-t-il ajouté.

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Un équilibre diplomatique délicat

Cette position de non-alignement n’est pas nouvelle pour le Kenya, qui a toujours cherché à maintenir un équilibre entre les grandes puissances. Sous la présidence de Ruto, le pays a renforcé ses liens économiques avec la Chine, tout en conservant une coopération sécuritaire étroite avec les États-Unis. « Nous ne voulons pas être pris dans une rivalité entre grandes puissances », a expliqué le président.

Le dirigeant kenyan a également évoqué la guerre en Ukraine, appelant à une solution pacifique et soulignant l’impact de ce conflit sur les économies africaines. « Nous souffrons de la hausse des prix des denrées alimentaires et de l’énergie. Nous avons besoin de paix pour notre propre développement. »

Une autonomie revendiquée

En affirmant son indépendance diplomatique, William Ruto cherche à rassurer les partenaires du Kenya tout en affirmant la souveraineté du pays. « Nous sommes un pays libre, avec une politique étrangère indépendante », a-t-il insisté. Cette approche pourrait également servir à apaiser les critiques internes qui accusent le gouvernement d’être trop pro-occidental.

Le président kenyan a conclu en rappelant que l’Afrique doit jouer un rôle plus important sur la scène internationale. « Il est temps que le continent parle d’une seule voix et défende ses intérêts. Le Kenya est prêt à montrer la voie. »

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