Les États-Unis ont annoncé vendredi 3 juillet 2026 le retrait d'une grande partie de leurs soldats déployés au Nigeria, tout en maintenant le partage de renseignements avec les autorités nigérianes. Cette décision, confirmée par le Pentagone, marque un tournant dans la coopération militaire entre les deux pays.
Un retrait significatif mais partiel
Selon un communiqué officiel du département de la Défense américain, environ 80 % des effectifs militaires américains présents au Nigeria seront rapatriés dans les semaines à venir. Les soldats concernés étaient principalement déployés dans le cadre de la lutte contre les groupes djihadistes, notamment Boko Haram et l'État islamique en Afrique de l'Ouest (ISWAP). Le Pentagone précise que ce retrait concerne environ 300 soldats sur un total de 375.
Le général Christopher G. Cavoli, commandant des forces américaines en Afrique, a déclaré : « Cette décision a été prise après une évaluation approfondie de la situation sécuritaire et des besoins opérationnels. Nous restons engagés aux côtés du Nigeria, mais nous adaptons notre présence pour répondre aux défis actuels. »
Maintien du partage de renseignements
Malgré ce retrait, les États-Unis continueront à fournir des renseignements et un appui logistique aux forces nigérianes. Un accord de partage de données a été renouvelé pour une durée de deux ans, a indiqué le Pentagone. Ce volet de la coopération est jugé essentiel pour la lutte antiterroriste dans la région du lac Tchad.
Le ministre nigérian de la Défense, Mohammed Badaru Abubakar, a salué cette décision, affirmant que « le maintien du partage de renseignements est crucial pour nos opérations en cours. Nous comprenons les raisons de ce redéploiement et nous continuerons à travailler main dans la main avec nos partenaires américains. »
Un contexte sécuritaire complexe
Le Nigeria est confronté depuis plus d'une décennie à une insurrection djihadiste dans le nord-est du pays. Les groupes armés, notamment Boko Haram et ISWAP, mènent des attaques meurtrières contre les civils et les forces de sécurité. La présence américaine, bien que modeste, apportait un soutien en matière de formation, de renseignement et de logistique.
Ce retrait intervient alors que les États-Unis réévaluent leur empreinte militaire en Afrique, privilégiant des approches plus légères et flexibles. Le Pentagone a souligné que ce redéploiement ne signifie pas un désengagement de la région, mais une optimisation des ressources.
Réactions et perspectives
Des analystes estiment que ce retrait pourrait affaiblir temporairement les capacités de renseignement nigérianes, mais que le maintien du partage de données compense en partie cette perte. Le Nigeria devra peut-être renforcer ses propres capacités de surveillance et de collecte de renseignements.
L'ambassadeur des États-Unis au Nigeria, Mary Beth Leonard, a réaffirmé l'engagement de Washington : « Nous restons un partenaire fiable et nous continuerons à soutenir le Nigeria dans sa quête de sécurité et de stabilité. »



